<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-3580705873727956778</id><updated>2012-02-16T20:23:12.811-08:00</updated><title type='text'>Mai 68</title><subtitle type='html'></subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://mai68sciencespo.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3580705873727956778/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mai68sciencespo.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>Le concours vous intéresse...</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13741308502738579916</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>21</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3580705873727956778.post-639322838208409671</id><published>2008-06-01T11:32:00.000-07:00</published><updated>2008-06-01T11:34:45.315-07:00</updated><title type='text'>Découvrez le discours de Vincent Villette sur RSP</title><content type='html'>Notre grand lauréat,&lt;br /&gt;Son discours,&lt;br /&gt;Son prix : un pavé de 3 kilos marqué de "Scpo 68" sur une face et de "Scpo 08" sur une autre !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;http://www.youtube.com/watch?v=TRJ1onhrLyA&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous vous donnons rendez- vous l'année prochaine pour la nouvelle édition du concours d'éloquence politique de la rue Saint- Guillaume !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3580705873727956778-639322838208409671?l=mai68sciencespo.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://mai68sciencespo.blogspot.com/feeds/639322838208409671/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3580705873727956778&amp;postID=639322838208409671' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3580705873727956778/posts/default/639322838208409671'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3580705873727956778/posts/default/639322838208409671'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mai68sciencespo.blogspot.com/2008/06/dcouvrez-le-discours-de-vincent.html' title='Découvrez le discours de Vincent Villette sur RSP'/><author><name>Le concours vous intéresse...</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13741308502738579916</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3580705873727956778.post-8524765792431688981</id><published>2008-06-01T11:28:00.002-07:00</published><updated>2008-06-01T11:29:37.342-07:00</updated><title type='text'>Discours de Carl de La Hire</title><content type='html'>"L'héritage de Mai 68" : sous l'oxymore, le carnaval permanent !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:Times New Roman;font-size:100%;"&gt;« Il  faut aller &lt;b&gt;foutre le bordel&lt;/b&gt; en Chine ! » s’exclamait récemment,  au sein d’une enceinte parlementaire pas encore vénérable, une figure  de proue du mouvement étudiant de mai 1968. Une phrase qu’il a sans  doute déjà prononcée il y a quarante ans et que, depuis, il a eu  l’occasion d’appliquer en différents lieux et en des circonstances  diverses. &lt;/span&gt; &lt;p align="justify"&gt;     &lt;span style="font-family:Times New Roman;font-size:100%;"&gt;Ne  résume-t-elle pas à merveille son état d’esprit ? Certes, entre  mettre la pagaille à Nanterre et à Pékin, entre s’opposer aux compagnies  républicaines de sécurité et aux forces de l’ordre d’un régime  communiste, le registre est à l’évidence très dissemblant. Mais,  entre-temps, quarante ans sont passés : c’est beaucoup dans la vie  d’un homme ; on peut se marier, avoir des enfants par exemple – ou  pas, ce qui n’en est pas moins significatif. Et justement : à 63 ans,  on a une autre position sociale qu’à 23, une autorité morale fondée  sur l’expérience… Halte-là ! La génération de mai 1968 ne s’est-elle  pas précisément élevé contre de tels magistères ? C’est vrai :  quand Daniel Cohn-Bendit parle – car c’est bien lui que nous prenons  à témoin –, on a toujours &lt;b&gt;l’impression d’entendre un tempérament  plutôt que de comprendre un argument&lt;/b&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align="justify"&gt;     &lt;span style="font-family:Times New Roman;font-size:100%;"&gt;  Voilà qui pourrait dessiner un &lt;i&gt;héritage&lt;/i&gt; à un mouvement qui  tendait à en refuser le principe : s’il reste quelque chose de cet  épisode de dé-pavement collectif et rebelle, ne faut-il pas plutôt  chercher dans l’&lt;b&gt;état d’esprit &lt;/b&gt; que dans un contenu dont on peine encore à distinguer les contours ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align="justify"&gt;     &lt;span style="font-family:Times New Roman;font-size:100%;"&gt;En  réalité, le phénomène mai 1968 peut être interprété comme un  Carnaval, c'est-à-dire comme un temps de fête et de retournement.  Mais la machine s’est grippée et la fête s’éternise, au point  de pérenniser une inversion des valeurs et de nous mener au nihilisme.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align="center"&gt;&lt;span style="font-family:Times New Roman;font-size:100%;"&gt;*&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align="center"&gt;&lt;span style="font-family:Times New Roman;font-size:100%;"&gt;**&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align="justify"&gt;     &lt;span style="font-family:Times New Roman;font-size:100%;"&gt;Imaginez  que l’on parle aujourd'hui du grand mouvement de &lt;i&gt;novembre &lt;/i&gt; 1968 : inconcevable, non ? Mai 1968 ne pouvait en effet se dérouler en  novembre, ni en août. Un tel phénomène n’avait de sens qu’à  cette époque de l’année – au printemps. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align="justify"&gt;     &lt;span style="font-family:Times New Roman;font-size:100%;"&gt;Le  mois de mai se situe en effet &lt;b&gt;en pleine période carnavalesque&lt;/b&gt;  (le calendrier païen en compte plusieurs) : celle qui suit Pâques,  jusqu’aux ides de juin. Période d’incertitude, le « mois des dragons »  (Gueusquin) voit l’ordre naturel des choses être remis en cause par  l’irruption du monde féerique et démoniaque dans nos vies. Les fées  s’efforcent de séduire les maris et les jeunes hommes – le roi  Renaud de la chanson en est mort, suivie par son accouchée d’épouse.  Les dragons et autres démons viennent apporter la désolation – c’est  à ce danger que répondent les rogations, ces trois journées de prière  précédant l’Ascension.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align="justify"&gt;     &lt;span style="font-family:Times New Roman;font-size:100%;"&gt;Ne  faudrait-il dès lors pas voir dans mai 1968 une &lt;b&gt;entreprise diabolique ?&lt;/b&gt;  Assurément, comment oublier que, les beaux jours venant, l’interdiction  de l’accès aux dortoirs des filles devenait insupportable à ces  messieurs ? Cette montée de sève ne traduit d’ailleurs pas seulement  l’installation du printemps mais aussi, symboliquement, l’arrivée  de la jeune génération à un premier âge adulte : celui où l’on  ne prend pas encore toutes ses responsabilités (on ne se marie pas  en mai mais en juin : c’est bien connu !). &lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align="justify"&gt;     &lt;span style="font-family:Times New Roman;font-size:100%;"&gt;Le  programme des soixante-huitards est donc bien de « jouir sans entraves » :  le proverbe « en mai, fais ce qu’il te plaît » est censé s’appliquer  au-delà du choix de la tenue vestimentaire ! Mai 1968 est ainsi d’abord &lt;b&gt; l’absence de mesure, le rejet des contraintes et le refus de ces responsabilités&lt;/b&gt;  qui se profilent à un horizon proche mais encore embrumé. Cependant,  plus encore, mai 1968 est un temps festif de retournement&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align="justify"&gt;     &lt;span style="font-family:Times New Roman;font-size:100%;"&gt;Ce  libéralisme culturel rejetant l’ordre établi rejoint en effet le  cœur du sens même de Carnaval : celui-ci, c’est en effet « se déguiser,  inverser l'ordre des choses, insulter ou offenser, manger, boire à  l'excès », « faire les fous » ou encore « détruire l'ordre social »  (Caro Baroja). Or, cette &lt;b&gt;inversion momentanée des règles et des  hiérarchies sociales&lt;/b&gt; transparaît également dans le mouvement  ouvrier de mai 1968. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align="justify"&gt;     &lt;span style="font-family:Times New Roman;font-size:100%;"&gt;Celui-ci  est en effet l’approfondissement des traits carnavalesques déjà  habituellement présents dans certaines festivités du mois de mai.  L’alliance du monde paysan et du monde ouvrier est ici effective,  comme l’illustre une étude de Florence Weber&lt;sup&gt;1&lt;/sup&gt;. Dans la  nuit du 30 avril, après le bal populaire, des bandes de jeunes célibataires  vont placer leurs Mais (jeunes arbres coupés) sur les maisons des jeunes  filles, afin de les honorer – ou pas. Tout aussi significatif, ils  changent de place tous les objets qu’ils rencontrent – outils, brouettes,  boîtes aux lettres, etc. – s’appropriant l’espace public et,  surtout, instituant ainsi &lt;b&gt;le &lt;i&gt;désordre&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align="justify"&gt;     &lt;span style="font-family:Times New Roman;font-size:100%;"&gt;Celui-ci  sera prolongé le lendemain ou le dimanche suivant, au grand jour, par  les manifestations mobilisant tous les habitants, sous la houlette des  syndicats et de la mairie communiste : défilé d’hommes déguisés  en majorettes, échanges factices de partenaires sexuels, pompiers brandissant  le feu, jeunes simulant la prise d’assaut de la gendarmerie, mise  au bûcher Sa Majesté Carnaval, représentée par un (gros) capitaliste…  C’est désormais ensemble que jeunes et ouvriers &lt;b&gt;contestent l’ordre  social et moral, dans la joie et la bonne humeur&lt;/b&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align="justify"&gt;     &lt;span style="font-family:Times New Roman;font-size:100%;"&gt;  Tous ces éléments ne sont naturellement pas sans analogie avec le  mouvement soixante-huitard des étudiant qui, avec ses pavés arrachés,  ses barricades montées et ses défis aux mœurs, précède et même  initie le mouvement ouvrier, qui, plus ou moins encadré par les syndicats,  le rejoint. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align="justify"&gt;     &lt;span style="font-family:Times New Roman;font-size:100%;"&gt;La  conjugaison du retournement de l’ordre établi et du refus des responsabilités  ne semble pas pouvoir disposer d’un avenir ailleurs que dans ces périodiques  et immémoriales fêtes carnavalesques. Et pourtant : c’est bien là  que se trouve la clef de l’héritage de mai 1968. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align="center"&gt;&lt;span style="font-family:Times New Roman;font-size:100%;"&gt;*&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align="justify"&gt;      &lt;span style="font-family:Times New Roman;font-size:100%;"&gt;L’héritage  de mai 1968 découle de son origine carnavalesque dévoyée par la permanence  : c’est la sublimation durable du monde réel, qui mène au désordre  ; c’est le rejet de la part d’illusion maîtrisée nécessaire à  la morale, qui prive l’existence de sens.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align="justify"&gt;      &lt;span style="font-family:Times New Roman;font-size:100%;"&gt;Les  soixante-huitards ne sont jamais revenus sur &lt;b&gt;les idées alors exprimées,  qu’ils ont même imposées&lt;/b&gt;. Certes, ils ont &lt;i&gt;évolué&lt;/i&gt; ; ils  tiennent le haut du pavé, ils sont ou ont été – pour certains –  journalistes, moralistes, ministres, députés, hauts fonctionnaires,  chefs d’entreprise… Sans doute, ils se sont accommodés du système  capitaliste, alignant leur libéralisme économique sur leur libéralisme  culturel et confirmant, par là-même, leur orientation internationaliste.  Fondamentalement, ils ont en fait promu des &lt;i&gt;valeurs&lt;/i&gt; (à première  vue) et des principes, qui apparaissent aujourd’hui comme des acquis.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align="justify"&gt;      &lt;span style="font-family:Times New Roman;font-size:100%;"&gt;Le  principe premier, qui représente la quintessence de l’héritage de  mai 1968, est que &lt;b&gt;toute personne a des droits quels que soient par  ailleurs ses devoirs&lt;/b&gt;, qui ne viennent jamais en contrepartie de  ceux-là. Le calendrier des soixante-huitards est en effet resté bloqué  sur une période carnavalesque, de sorte que c’est désormais de manière  permanente que l’on est fondé à rejeter toute responsabilité, à  repousser les devoirs à un temps qui ne viendra jamais. La fête, qui  était conçue comme un exutoire, confirmant et actualisant l’ordre  social qu’il mettait provisoirement à bas, ne peut plus exercer sa  fonction. En tant que le désordre n’est plus temporaire, il est,  par la force des choses, permanent ; &lt;b&gt;le bien-fondé de tout ordre  naturel est nié&lt;/b&gt;. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align="justify"&gt;     &lt;span style="font-family:Times New Roman;font-size:100%;"&gt;Cet  ordre n’est pas seulement celui des choses, mais également celui  des valeurs. Autrement dit, on assiste à une &lt;b&gt;inversion des valeurs&lt;/b&gt;,  qui n’est naturellement pas sans conséquences dans l’ordre matériel.  Ainsi, il fait désormais bon être une victime – et, d’ailleurs,  même le délinquant en est une ! –, l’aveuglement forcé devant  la distinction du beau et du laid ruine le concept même d’art, l’égalité  réelle est recherchée indépendamment de la récompense du mérite  et même contre celle-ci, etc. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align="justify"&gt;     &lt;span style="font-family:Times New Roman;font-size:100%;"&gt;Au-delà,  c’est bien &lt;b&gt;le néant&lt;/b&gt; qui est la conséquence de l’héritage  de mai 1968. La disparition d’un ordre naturel garanti par Dieu (par  exemple mais par excellence) enlève en effet tout sens à l’existence.  Si tout est donné, on ne peut rien mériter ; si on ne reçoit pas,  on ne peut rien faire, outre exiger et crier à l’&lt;i&gt;injustice&lt;/i&gt;.  Mais, précisément, comment reconnaître ce qui est juste sans référence  à une morale immanente ? &lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align="justify"&gt;     &lt;span style="font-family:Times New Roman;font-size:100%;"&gt;Car,  en définitive, &lt;b&gt;il n’y a plus d’idéal&lt;/b&gt;, cette part d’illusion  qui nous donne à croire que, d’un point de vue &lt;b&gt;moral et spirituel&lt;/b&gt;,  notre monde devrait être autrement et se conformer aux valeurs qui  sont les nôtres. Le moral est en effet confondu avec le matériel :  c’est l’argent, notre seul thermomètre, qui est l’étalon de  toute chose, et tout combat n’a de sens que s’il débouche sur une  situation matérielle meilleure – pour soi ou pour autrui. Par l’héritage  de mai 68, nous sommes atteints – pour ce qui concerne la plupart  d’entre nous – de &lt;b&gt;nihilisme dyonisiaque&lt;/b&gt; et, à ce titre, &lt;i&gt; dégoûtés d’agir&lt;/i&gt;, dirait Nietzsche. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align="justify"&gt;     &lt;span style="font-family:Times New Roman;font-size:100%;"&gt;Ce  nihilisme est d’ailleurs en cohérence avec la menace décrite par  Chrétien de Troyes dans &lt;i&gt;Le Conte du Graal&lt;/i&gt;, celle de la &lt;b&gt;malédiction  de la « terre gaste »&lt;/b&gt;, dévastée et stérile depuis que les dieux  ont été déchus, et qui le restera jusqu’à son ressourcement dans  le chaudron d’immortalité – le graal. N’est-ce pas cette malédiction  qui serait sur nous ? Resterait alors à se mettre en quête du graal…  Peu importe qu’il soit trouvé, d’ailleurs, car la quête libère  l’esprit des préoccupations matérielles asséchantes, qui obnubilent  les héritiers de mai 1968 : la vie retrouve un sens dans la gratuité,  la politique quand elle se reporte sur des &lt;b&gt;enjeux de civilisation&lt;/b&gt;  pour lutter contre le « sous-développement humain et moral » (Morin).&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align="center"&gt;&lt;span style="font-family:Times New Roman;font-size:100%;"&gt;*&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align="center"&gt;&lt;span style="font-family:Times New Roman;font-size:100%;"&gt;**&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align="justify"&gt;     &lt;span style="font-family:Times New Roman;font-size:100%;"&gt;En  conclusion, laissons la parole à Nicolas Sarkozy, qui affirmait le  29 avril 2007 : « Dans cette élection il s’agit de savoir si l’héritage  de mai 68 doit être perpétué ou s’il doit être liquidé une bonne  fois pour toutes. Je veux tourner la page de mai 68. Mais il ne faut  pas faire semblant. ». C’est vrai, évitons cet écueil ; &lt;b&gt;« faire  semblant », ce n’est pas être visionnaire, c’est être carnavalesque&lt;/b&gt;.  Et, dans la durée, une volontaire myopie devant la réalité des choses,  pour éviter la nausée qu’elle suscite, une absence d’espérance,  le tout mis au service de l’irresponsabilité des personnes – cela  rend impossible toute politique comme toute vie sociale. Or la nature  a horreur du vide : &lt;b&gt;mai 1968 sera liquidé&lt;/b&gt;. A nous d’être les  acteurs républicains de cette liquidation.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3580705873727956778-8524765792431688981?l=mai68sciencespo.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://mai68sciencespo.blogspot.com/feeds/8524765792431688981/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3580705873727956778&amp;postID=8524765792431688981' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3580705873727956778/posts/default/8524765792431688981'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3580705873727956778/posts/default/8524765792431688981'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mai68sciencespo.blogspot.com/2008/06/discours-de-carl-de-la-hire.html' title='Discours de Carl de La Hire'/><author><name>Le concours vous intéresse...</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13741308502738579916</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3580705873727956778.post-6843578205548340585</id><published>2008-05-15T02:01:00.001-07:00</published><updated>2008-05-15T02:01:58.483-07:00</updated><title type='text'>Discours de Philippe Deswel</title><content type='html'>&lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm 14.05pt 0.0001pt 14.2pt; text-align: center; text-indent: 42.5pt;" align="center"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,&amp;quot;serif&amp;quot;;"&gt;Mai 1968 – Mai 2008 : Que reste-t-il sous les pavés ?&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm 14.05pt 0.0001pt 14.2pt; text-indent: 42.5pt;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,&amp;quot;serif&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm 14.05pt 0.0001pt 14.2pt; text-indent: 42.5pt;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,&amp;quot;serif&amp;quot;;"&gt;Qu’est-ce qu’en soi mai 68, si ce n’est, pour reprendre l’expression de Raymond Aron, la révolution introuvable ? De ces agitations au parfum quasi insurrectionnel, aucun nouvel ordre n’a éclot. À cette forme de Commune estudiantine, nul libéralisme inédit n’a répondu, une fois les passions apaisées. La nation, éprouvée par un mois de dérèglements et d’incertitude, en est venue à souhaiter avec force le retour à l’ordre, seul garant de la liberté. C’est tout le message des élections législatives de juin 1968, qui ont vu le renforcement d’un pouvoir gaulliste qui a su tenir bon et s’en remettre au verdict des urnes. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm 14.05pt 0.0001pt 14.2pt; text-indent: 42.5pt;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,&amp;quot;serif&amp;quot;;"&gt;En mai 1968, notre pays, tout à tour, s’est fait peur, a vacillé, puis a repris ses esprits. L’illusion lyrique, celle qui a donné un certain vertige a tout une partie de sa jeunesse, n’a finalement fait jaillir aucune fleur miraculeuse et bienfaisante de sous les pavés. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm 14.05pt 0.0001pt 14.2pt; text-indent: 42.5pt;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,&amp;quot;serif&amp;quot;;"&gt;Aujourd’hui toutefois, nous observons à quel point cette secousse, brève, intense, fulgurante même, a marqué durablement les esprits. De fait, elle a joué par la suite, à travers son accès à l’inconscient collectif, un rôle puissant dans l’affirmation de nouveaux phénomènes de société. La contestation de l’autorité, la désinvolture devant les hiérarchies, ou encore l’assimilation de l’ordre à l’oppression, sont autant de traits que nous tenons pour partie en héritage de mai 68.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm 14.05pt 0.0001pt 14.2pt; text-indent: 42.5pt;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,&amp;quot;serif&amp;quot;;"&gt;Pour la jeunesse française, le courage, désormais, c’est de ne plus se complaire dans ces postures qui ont fait leur temps. Certaines d’entre elles ont assurément affaibli la cohésion nationale, parce qu’elles ont divisé. Non, il n’est pas interdit d’interdire. L’homme a besoin de repères, de règles pour s’épanouir. Aussi, ce n’est pas dans la pratique généralisée de l’autogestion ni dans un collectivisme d’inspiration maoïste que la France trouvera son salut. Celui-ci est ailleurs. Le défi de notre génération est donc bien celui d’épouser davantage notre temps, en portant un message à la fois résolu, combatif et optimiste devant les grands changements qui se font jour en Europe et dans le monde.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm 14.05pt 0.0001pt 14.2pt; text-indent: 42.5pt;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,&amp;quot;serif&amp;quot;;"&gt;Parce que, quoi qu’il advienne, le dialogue et la concertation sont préférables à la violence et aux affrontements dogmatiques, les troubles de mai 68 ne doivent pas nous servir d’exemple, et encore moins nous inspirer la nostalgie déplacée d’un temps que nous n’avons pas connu. À nous néanmoins de faire en sorte que les immenses qualités de la jeunesse française, son talent, son enthousiasme, mais aussi son audace et sa force de conviction, soient employées de façon féconde, créatrice. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm 14.05pt 0.0001pt 14.2pt; text-indent: 42.5pt;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,&amp;quot;serif&amp;quot;;"&gt;Ce sont ces qualités qui peuvent contribuer au rayonnement de notre pays, mais à condition que cette énergie soit mise au service de causes nobles et justes. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm 14.05pt 0.0001pt 14.2pt; text-indent: 42.5pt;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,&amp;quot;serif&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm 14.05pt 0.0001pt 14.2pt; text-indent: 42.5pt;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,&amp;quot;serif&amp;quot;;"&gt;De nos jours, il paraîtrait bien hasardeux, pour un étudiant, de se réclamer de mai 68. Plutôt que d’assumer les rigueurs et les contraintes de la modernité, qui ne sont que la contrepartie de la formidable prospérité qu’elle nous apporte, cela reviendrait à ressusciter de son tombeau toute une mythologie surannée pour atteindre à un irréalisme qui exigerait l’impossible. De cette fuite en avant, que pourrions-nous tirer de bon ? Ne devrions-nous pas, au contraire, prendre, quelque part, à revers le message de cette contestation estudiantine, et nous battre pour une meilleure insertion professionnelle des jeunes, au lieu de cultiver la peur de l’avenir ?&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm 14.05pt 0.0001pt 14.2pt; text-indent: 42.5pt;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,&amp;quot;serif&amp;quot;;"&gt;À Nanterre, nous savons très bien que ce sont les étudiants de sociologie et de psychologie qui ont été les plus engagés dans la dénonciation de l’ordre établi. Or, ce sont justement ces filières qui offraient le moins de débouchés. Apporter des réponses à ce malaise d’insertion, en rapprochant les Universités et les entreprises lorsque cela est judicieux, apparaît donc comme un des moyens pour améliorer concrètement la condition des jeunes, et leur assurer une meilleure place dans la société.&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm 14.05pt 0.0001pt 14.2pt; text-indent: 42.5pt;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,&amp;quot;serif&amp;quot;;"&gt;De surcroît, nous ne devons pas oublier que les troubles de mai 68 ont surtout été le fait de minorités, et de minorités enclines à faire usage de la violence. Alain Peyrefitte, qui était alors ministre de l’Éducation nationale, soulignait ainsi dans son entretien télévisé du 6 mai, sur l’ORTF, que l’immense majorité des étudiants aspirait à la tranquillité, en vue de réussir leurs examens. De plus, il rappelait utilement, à propos du fait que la police ait pénétré dans la cour, considérée comme inviolable, de la Sorbonne, que « les forces de l’ordre ne sont entrées, que parce que les forces du désordre étaient entrées. » &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm 14.05pt 0.0001pt 14.2pt; text-indent: 42.5pt;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,&amp;quot;serif&amp;quot;;"&gt;L’assimilation de ceux qui sont chargés de protéger les citoyens en garantissant la sécurité et l’ordre public à des oppresseurs dénués d’âme, comme l’a véhiculé tant d’affiches façon « CRS=SS », est une autre tromperie. Elle ne rend pas honneur au jugement de ceux qui pensaient ainsi. Les forces de l’ordre n’ont fait que répondre aux violences qui étaient orientées contre elles, et cela par de véritables agitateurs, organisés le plus souvent en groupuscules professant une idéologie radicale, et qui préféraient l’affrontement au dialogue. Faire l’éloge, aujourd’hui, du message plein de désespoir et de désillusion de ces fauteurs de trouble, c’est maintenir, quelque part, la spirale de la défiance dont nous devrions, au contraire, conjurer le sort. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm 14.05pt 0.0001pt 14.2pt; text-indent: 42.5pt;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,&amp;quot;serif&amp;quot;;"&gt;La France d’aujourd’hui a besoin de confiance. Confiance entre les parents et leurs enfants, entre les professeurs et leurs élèves, ou encore entre l’État et les citoyens. Confiance en l’avenir, aussi, et en notre aptitude collective au changement, pour conserver nos traditions tout en nous adaptant résolument à la mondialisation. Ce défi de la confiance, ce n’est pas en regardant vers mai 68 que nous le relèverons, mais plutôt en surmontant la mémoire de cet épisode pour nous inspirer de faits plus admirables que la révolte juvénile de quelques jeunes contre l’ordre établi, dont ils su ensuite, par ailleurs, profiter pour un bon nombre d’entre eux. Même Daniel Cohn-Bendit nous encourage, aujourd’hui, à « oublier » mai 68. Puisse sa parole être entendue ! &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm 14.05pt 0.0001pt 14.2pt; text-indent: 42.5pt;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,&amp;quot;serif&amp;quot;;"&gt;&lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm 14.05pt 0.0001pt 14.2pt; text-indent: 42.5pt;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,&amp;quot;serif&amp;quot;;"&gt;Un très bon juge de cette période est certainement Raymond Aron. Dans plusieurs articles publiés dans le Figaro peu après les évènements de mai, il fournissait déjà une analyse éclairante des évènements. Selon lui, la liberté des mœurs était susceptible d’ôter à l’amour son mystère et sa poésie. C’est certain ! « Jouissez sans entraves » n’est pas un mot d’ordre romantique. À l’union sublime entre deux êtres épris l’un de l’autre, les tenants de mai 68 ont préféré le plaisir facile, dépassionné et sans engagement, plus susceptible de satisfaire l’individualisme de chacun que l’épanouissement mutuel, avec le lot de sacrifices, de patience et de bienséance qu’il implique. À cela il faut dire non. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm 14.05pt 0.0001pt 14.2pt; text-indent: 42.5pt;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,&amp;quot;serif&amp;quot;;"&gt;Raymond Aron soulignait aussi que la famille souffrirait des atteintes dont elle était la cible. En effet, il est certain que ni le culte des jeunes, considérés abusivement comme tout-puissants, et de l’enfant-roi, ni la camaraderie entre parents et enfants n’ont renforcé la cellule familiale, et nous voyons le résultat aujourd’hui. La tentation même, assez régressive, d’un retour en enfance généralisé, dans l’innocence et l’absence de sanction, qui se dessine depuis quelques temps, est malvenue alors que la responsabilité de chacun doit primer, et la maintien d’un certain ordre porteur de sens prévaloir. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm 14.05pt 0.0001pt 14.2pt; text-indent: 42.5pt;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,&amp;quot;serif&amp;quot;;"&gt;La question du sens est peut-être celle vis-à-vis de laquelle nous pouvons nous montrer, en mai 2008, les plus compréhensifs envers les révolutionnaires en herbe de mai 68. Ce basculement passager dans la violence et l’anarchie était certainement une réponse, plus ou moins consciente, au vide métaphysique dont la société de consommation peut être porteuse, selon la manière dont on l’appréhende. Il est vrai que le mouvement de contestation étudiante a pris une ampleur planétaire. Berlin, Bonn, Tokyo, Varsovie, Prague, ou Rome, mais aussi les Universités américaines de Berkeley ou de Columbia, ont connu des troubles durant cette période. Si ces heurts n’ont pas donné lieu, comme en France, à une véritable crise nationale à l’ampleur politique tout à fait remarquable, ils ont témoigné d’un malaise qui dépassait celui d’une partie de la jeunesse française. C’est-à-dire, un malaise de civilisation. Cela doit nous conduire à vouloir davantage associer aujourd’hui au bien-être matériel ce qui confère à la vie sa substance, sa magie. En la matière, toutes les audaces sont les bienvenues. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm 14.05pt 0.0001pt 14.2pt; text-indent: 42.5pt;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,&amp;quot;serif&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm 14.05pt 0.0001pt 14.2pt; text-indent: 42.5pt;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,&amp;quot;serif&amp;quot;;"&gt;Non sans éclat, mai 68 a remis en ébullition une France stable, forte, prospère mais qui, dit-on, s’ennuyait. La nation a retrouvé, avec cette légèreté qui est parfois la sienne, ses vielles velléités de fronde, d’insurrection et d’émeute. Contre l’ordre établi, et pour la liberté. Aux mouvements étudiants ont répondu les grèves, bientôt généralisées. La France a été paralysée par l’inertie que lui ont imposé dix millions de grévistes. En ce temps de confusion des idées, l’État a perdu de sa majesté, alors que l’on retrouvait, à tous les niveaux, dans la rue comme dans les ministères, une atmosphère décadente qui aurait été semblable à celle de 1848. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm 14.05pt 0.0001pt 14.2pt; text-indent: 42.5pt;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,&amp;quot;serif&amp;quot;;"&gt;Pourtant, l’État a été restauré. Tel est le sens de la journée du jeudi 30 mai, qui a vu la voix du général de Gaulle parler à nouveau aux Français. Faisant allusion au message télévisé du 24 mai, Raymond Aron écrit : « étrange pays qu’un mauvais discours achève de plonger dans l’anarchie ; puissance du verbe et du caractère quand le destin hésite. » Le 30 mai, ce sont des centaines de milliers de parisiens qui, au rendez-vous de l’Histoire, défilent sur les Champs-Élysées, pour exprimer leur fidélité au général de Gaulle et à la voie qu’il avait tracé. L’intérêt national reprenait le dessus, alors que les gaullistes renforçaient leur leadership pour poursuivre leur œuvre de modernisation. En juin, un mois seulement après les troubles, la nation exprimait clairement son souhait de ne pas succomber à la crise, et de renouveler sa confiance au chef de l’État. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoBlockText" style="margin: 0cm 14.05pt 0.0001pt 14.2pt; text-indent: 42.5pt;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,&amp;quot;serif&amp;quot;;"&gt;Aujourd’hui, en mai 2008, c’est de cette formidable capacité de ressaisissement que nous devons nous réclamer, cette spécificité qui est, seule, à même de nous faire comprendre qu’il n’y aura, malgré la hauteur de notre ambition poétique, de plages sous les pavés que par l’esprit, et que le romantisme est ailleurs, porté par une alchimie entre l’ordre nécessaire et le progrès à désirer.&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,&amp;quot;serif&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3580705873727956778-6843578205548340585?l=mai68sciencespo.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://mai68sciencespo.blogspot.com/feeds/6843578205548340585/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3580705873727956778&amp;postID=6843578205548340585' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3580705873727956778/posts/default/6843578205548340585'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3580705873727956778/posts/default/6843578205548340585'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mai68sciencespo.blogspot.com/2008/05/discours-de-philippe-deswel.html' title='Discours de Philippe Deswel'/><author><name>Le concours vous intéresse...</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13741308502738579916</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3580705873727956778.post-6982825381642927279</id><published>2008-05-15T02:00:00.000-07:00</published><updated>2008-05-15T02:01:09.265-07:00</updated><title type='text'>Discours de Samuel SAUVAGE</title><content type='html'>&lt;p class="MsoNormal" style="text-align: center; line-height: 150%;" align="center"&gt;&lt;b&gt;&lt;u&gt;Mai 68 : que reste-t-il sous les pavés ? &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/u&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: center; line-height: 150%;" align="center"&gt;&lt;b&gt;&lt;u&gt;&lt;o:p&gt;&lt;span style="text-decoration: none;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/u&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: center; line-height: 150%;" align="center"&gt;&lt;b&gt;&lt;u&gt;&lt;o:p&gt;&lt;span style="text-decoration: none;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/u&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="line-height: 150%;"&gt;&lt;span style=""&gt;            &lt;/span&gt;Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, &lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="line-height: 150%;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%;"&gt;&lt;span style=""&gt;            &lt;/span&gt;Avant d’engager une réflexion avec vous, avant se se lancer dans un voyage à travers les valeurs de notre temps, mieux vaut commencer par quelque chose qui nous rassemble tous et qui nous donne des repères : &lt;i&gt;En mai, fais ce qu’il te plaît. &lt;/i&gt;Ce dicton populaire est particulièrement opportun, à l’heure d’analyser l’héritage de mai 68, à l’heure de trier les fruits et les épines qu’il nous a légués et qui tapissent encore notre sol commun. &lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%;"&gt;&lt;span style=""&gt;            &lt;/span&gt;En ce mois de mai 2008, il me plaît, justement, de réfléchir avec vous tous, mesdames et messieurs, de ce qu’il reste de mai 68. L’eau a certes coulé sous les ponts, mais il semble que bien plus qu’un fait historique, bien plus qu’un épiphénomène, mai 68 soit une partie de nous-mêmes. &lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%;"&gt;&lt;span style=""&gt;            &lt;/span&gt;Qu’est-ce qu’une date historique ? Pourquoi commémore-t-on de manière si vive ce quarantenaire ? Commémorera-t-on de la même manière le cinquantenaire ? En réalité, cette révolte libérale a été le dernier événement en France que d’aucuns ont eu l’audace de qualifier de révolution. Si mai 68 est tant célébré, c’est un peu par nostalgie, mais c’est surtout parce que c’est un événement qui a si fortement marqué les esprits il y a quarante ans qu’il est encore l’objet de controverses. Mai 68 est bien vivant mesdames et messieurs, en témoigne la vivacité du débat qu’il suscite. Ce sont ces controverses qu’il est important de mettre en avant, afin de pouvoir extraire de mai 68 la quintessence, c'est-à-dire un noyau d’idées qu’il serait fructueux de faire ressurgir en mai 2008. &lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%;"&gt;&lt;span style=""&gt;            &lt;/span&gt;Il est d’abord nécessaire de séparer le bon grain de l’ivraie dans notre interprétation de mai 68. Il y a d’abord eu un mouvement citoyen, des étudiants et des travailleurs, qu’on peut qualifier de spontané. N’oublions pas qu’avant d’être un symbole, mai 68 n’était rien d’autre que le cinquième mois de l’année 1968, et que ce mouvement s’est construit sur des bases improvisées. C’est ainsi qu’Henri Lefebvre a dit qu’en mai 68, « beaucoup n’ont pas su voir ce qui naissait d’eux-mêmes ». &lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt; line-height: 150%;"&gt;Cet acte citoyen – car peut-on qualifier autrement un mouvement visant à prendre en main son devenir politique et sociétal ? – est évidemment resté un mouvement hétéroclite. De ce fait, tout « résumé » des valeurs de mai 68 serait fatalement réducteur. Et devant vous, je ne vais pas m’essayer à conceptualiser un phénomène aussi complexe. Cependant, je ne pense pas me tromper en disant qu’au bout de cette insondable et mystérieuse coalition a jailli le plus grand des manifestes citoyens des temps modernes. Au-delà des revendications des travailleurs qui visaient à améliorer leurs conditions matérielles d’existence, mai 68 a été un mouvement de libération de l’individu contre une pression sociétale insoutenable. Ce n’est pas seulement la femme, c’est l’individu qui a demandé davantage de liberté, c’est l’individu qui a demandé à rompre avec l’hétéronomie de la France gaullienne. D’où le merveilleux paradoxe : une ode à la liberté individuelle qui a été chantée par le corps social, &lt;i&gt;via&lt;/i&gt; une action, collective, dont l’ampleur nous étonne encore. &lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt; line-height: 150%;"&gt;Il y a quarante ans, avait lieu une révolte des orphelins de la liberté, fustigeant une société figée, fliquée, fânée. C’est un désir d’initiative politique qui a vu le jour ici, sous nos pieds, dans des lieux aujourd'hui affadis par le train-train de conférences prônant des succédanés d’idées, à base de benchmarking et autres gouvernance. Non, il y a quarante ans, on osait croire à une autre société : c’était la philosophie dans la rue, une agitation sans précédent des esprits. Certes, tous les esprits n’accouchaient pas d’un devenir collectif conceptualisé, mais il y avait bien une croyance répandue en un changement possible – croyance qui est aujourd'hui trop souvent méprisée. &lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt; line-height: 150%;"&gt;Permettez-moi d’insister sur un point : cette époque euphorique a vu les voisins de palier se parler pour la première fois, cette époque a vu certaines barrières sociales tomber, elle est celle d’une société « épuisée de bonheur ». Depuis, force est de constater, mesdames et messieurs, que le corps social n’a plus joui d’une telle émulsion sociale et politique. &lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt; line-height: 150%;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt; line-height: 150%;"&gt;Bien sûr, sous les pavés de mai 68 gisent encore quelques zones d’ombre. Non, je ne parlerai pas des excès que toute manifestation politique de grande ampleur contient inéluctablement, mais je pense à la brèche individualiste qu’il a entrouverte. La société a eu raison de viser l’émancipation individuelle ; malheureusement, cette revendication a pu ouvrir la voie, de façon involontaire, à une société qui totémise l’intérêt particulier, à une société qui privilégie le plaisir individuel au bonheur collectif. Si cet effet pervers, qu’on l’appelle « société de consommation », « nouvel esprit du capitalisme », « ère du vide »&lt;a style="" href="#_ftn1" name="_ftnref1" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;!--[if !supportFootnotes]--&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,&amp;quot;serif&amp;quot;;"&gt;[1]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;!--[endif]--&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;, comme l’ont fait d’éminents penseurs français, fonde une critique pertinente de mai 68, il n’en demeure pas moins que l’héritage que ce mouvement nous lègue est largement positif. &lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt; line-height: 150%;"&gt;C’est pourquoi je voudrais m’ériger contre la mode qui consiste à tabasser les valeurs de mai 68 comme les manifestants d’hier. Non, mai 68 n’est pas un fantasme d’étudiants naïfs ; non, il n’est pas un mouvement gauchiste nourri par la violence et la haine de classe ; non enfin, il n’est pas le témoignage d’une société en perte de repères et de valeurs. A mon sens, contester l’apport de mai 68 à la société française, ce n’est certes pas vouloir interdire l’IVG, mais c’est se faire l’avocat du retour d’un Ordre moral garant d’une société d’obéissance, garant d’une société narcotisée, garant d’une société sous cellophane. Ainsi, je considère que le mouvement anti-soixantuitard ne va pas permettre aux Français de se réapproprier leur devenir. &lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt; line-height: 150%;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt; line-height: 150%;"&gt;Les pavés qui dansaient insolemment dans l’air ne sont plus les mêmes quarante ans plus tard. Nous avons atteint un niveau de confort matériel et social enviable. La liberté est aujourd'hui la première de nos valeurs, tant aux niveaux économique que politique ou même sexuel. Non, la France de mai 08 n’a pas les mêmes raisons de se mobiliser que celle des années soixante. Heureusement, car le contraire supposerait que les évènements qui nous intéressent ici n’ont servi à rien ! &lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt; line-height: 150%;"&gt;La France se place aujourd'hui à la pointe de la rébellion sociale par rapport à ses homologues européens. Les Français se sentent aujourd'hui menacés par des phénomènes divers : le chômage, le pouvoir d’achat, la remise en question de certains « acquis sociaux »… la liste est longue.&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;Les grèves et manifestations qui se multiplient montrent que l’esprit de désobéissance qui a permis le mouvement de mai 68 est encore présent ; néanmoins, il manque à cette France rebelle un projet. Trop souvent, les Français ne font que réagir par la négative à la mise en place de&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;politiques « modernes », c'est-à-dire pêle mêle la modération budgétaire, la répression, la gestion managériale de l’immigration, la flexibilisation des marchés du travail, la privatisation de certains services publics, etc. Nous devons admettre qu’il n’est pas absurde que l’opposition à ces évolutions soit parfois interprétée comme du conservatisme, émanant d’une France ingouvernable. Ne faudrait-il donc pas ancrer ces refus dans une dynamique positive, celle d’un changement qui proposerait une véritable alternative aux citoyens ? &lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt; line-height: 150%;"&gt;En ce mois de mai 2008, revisiter les idées de mai 68 peut nous aider à prendre notre futur à bras le corps en tant que citoyens. L’autoréflexivité est au fondement de notre démocratie, nous ne pouvons donc pas nous passer d’une réflexion solide sur notre société, sur ses valeurs, sur ses pratiques. Aujourd'hui, nos civilisations sont malades car elles voient, avec la fin des idéologies, la fin des espérances collectives. Elles sont endormies par la technologie, par les &lt;i&gt;media&lt;/i&gt;, par l’individualisme. Notre démocratie, si solidement ancrée dans les mentalités, est elle-même malade, malade de ne pas savoir proposer d’alternative crédible aux citoyens. Nous le pensons tous : un changement brutal d’orientation économique entraînerait le pays vers la ruine. Mais, je vous demande, mesdames et messieurs, nos prédécesseurs de mai 68 ne faisaient-ils pas face à des obstacles également importants ? N’ont-ils pas trouvé des moyens de contourner les obstacles et d’obtenir des réformes ? De mobilisation en mobilisation, cependant, ils se sont mis à croire dans le changement. &lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt; line-height: 150%;"&gt;Mai 68 n’était pas l’utopie. Comme le rappelait Gilles Deleuze, « 1968, c’est l’intrusion du devenir. On a voulu y voir le règne de l’imaginaire. Non, c’est une bouffée de réel à l’état pur ». La réappropriation du devenir collectif par les citoyens est une condition indispensable, tout d’abord, à la vitalité de notre démocratie ; ensuite, à la vraisemblance d’un changement. Le changement, ce serait par exemple remettre l’homme et son environnement naturel au cœur de l’économie. Ou encore recentrer l’action politique vers les problèmes aussi insupportables que solubles tels que la faim, l’insalubrité, la maladie… Ou enfin donner un sens au travail au-delà du fait de pouvoir manger et consommer. Voilà qui ferait un projet de société. &lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%;"&gt;&lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;&lt;span style=""&gt;           &lt;/span&gt;Le seul fait de croire en notre capacité à normer notre devenir, mesdames et messieurs, le seul fait même d’avoir le droit d’y croire, révèlerait déjà une évolution majeure dans notre participation politique. Moi non plus, chers amis, je ne parviens pas toujours à y croire. Je pense néanmoins que c’est la meilleure façon de sortir du manque de sens dont souffre notre modernité. A cet égard, un esprit similaire à celui qui a jailli, on ne sait d’où, en mai 68, serait à même de créer un clash philosophique salutaire, porteur de valeurs propres, certainement distinctes de celles portées quarante ans plus tôt, mais tout aussi subversives. &lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt; line-height: 150%;"&gt;Aujourd'hui, mesdames et messieurs, je pense qu’un mouvement positif héritier de mai 68 ferait le plus grand bien à la France s’il s’inscrit dans la démocratie et dans une démarche intelligente vis-à-vis de notre environnement économique. Qu’il s’agisse de mai 08 ou de mai 09, peu importe. Le nouveau mai 68 surgira de manière imprévisible, sous des formes nouvelles. Il faut simplement croire, tous ensemble, en sa capacité à changer la vie. &lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt; line-height: 150%;"&gt;Voilà, mesdames et messieurs, ce qui gît sous les pavés que nous fauchons tous les jours de nos pas pressés. De la même manière que le chiffre 8 suggère l’infini, une infinité de lectures des évènements de mai 68 et de leur héritage peut être réalisée. Je vous ai partagé la mienne, car elle est porteuse d’espérance. Et l’espérance, il est interdit de l’interdire. &lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt; line-height: 150%;"&gt;Je vous remercie pour votre attention, &lt;/p&gt;  &lt;div style=""&gt;&lt;!--[if !supportFootnotes]--&gt;&lt;br /&gt;  &lt;hr align="left" size="1" width="33%"&gt;  &lt;!--[endif]--&gt;  &lt;div style="" id="ftn1"&gt;  &lt;p class="MsoFootnoteText"&gt;&lt;a style="" href="#_ftnref1" name="_ftn1" title=""&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;!--[if !supportFootnotes]--&gt;&lt;span class="MsoFootnoteReference"&gt;&lt;span style="font-size: 10pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,&amp;quot;serif&amp;quot;;"&gt;[1]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;!--[endif]--&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; Du nom des ouvrages respectivement de Jean Baudrillard, de Luc Boltanski &amp;amp; Eve Chiapello, de Gilles Lipovestky. &lt;/p&gt;  &lt;/div&gt;  &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3580705873727956778-6982825381642927279?l=mai68sciencespo.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://mai68sciencespo.blogspot.com/feeds/6982825381642927279/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3580705873727956778&amp;postID=6982825381642927279' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3580705873727956778/posts/default/6982825381642927279'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3580705873727956778/posts/default/6982825381642927279'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mai68sciencespo.blogspot.com/2008/05/discours-de-samuel-sauvage_15.html' title='Discours de Samuel SAUVAGE'/><author><name>Le concours vous intéresse...</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13741308502738579916</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3580705873727956778.post-6675943168027866436</id><published>2008-05-15T01:59:00.000-07:00</published><updated>2008-05-15T02:00:36.528-07:00</updated><title type='text'>Discours de Samy MECHATTE</title><content type='html'>&lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="font-size: 21.5pt; font-family: &amp;quot;Georgia&amp;quot;,&amp;quot;serif&amp;quot;; color: rgb(153, 51, 0);"&gt;Mai 68 - Mai 2008 : Que reste-il sous les pavés ?"&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;span style="color: rgb(153, 51, 0);"&gt;&lt;span style=""&gt;   &lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="color: black;"&gt;&lt;span style=""&gt;    &lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="color: black;"&gt;&lt;span style=""&gt;      &lt;/span&gt;1968, 1968, 1968… . Voila une année &lt;i&gt;mythique&lt;/i&gt; aux yeux de tous!&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;Tant de rêves, tant d’espoirs, tant d’idéaux, tant de victoires, tant d’utopies, tant de combats; tant de désillusion, tant de violences, tant d’échecs… . A la sortie d’une guerre sauvage et traumatisante, naquit une nouvelle génération, avide d’idéaux, une jeunesse au nouveau mode de pensée, avide d’un nouveau mode de vie, plus libre, plus tolérant, plus ouvert. Face à un monde de plus en plus injuste, et à une histoire sanglante, la jeunesse du baby boom, semblait avoir des idées et des projets d’avenir… . &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;span style=""&gt;     &lt;/span&gt;&lt;span style="color: black;"&gt;Néanmoins, dés lors que je vois le monde d’aujourd’hui, je me demande souvent si les combats de nos pères n’ont étés vains et chimériques… . &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="color: black;"&gt;Nos pères avaient des idéaux, aujourd’hui ce sont eux qui détiennent le pouvoir, pourquoi donc ne prennent ils même plus la peine de tenter de les réaliser ? &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="color: black;"&gt;Aujourd’hui, je ne vois qu’un amas de peines et de problèmes s’abattre sur le monde.&lt;span style=""&gt;    &lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="color: black;"&gt;Conflits, mauvaise gestion des ressources, replis identitaires, réchauffement climatique, inégalités et injustices sont notre lot commun.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="color: black;"&gt;Ces maux, loin d’avoir diminués, ont suivi une croissance exponentielle durant ce dernier demi-siècle. Les luttes de nos pères ont-ils étés vaines ? &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="color: black;"&gt;&lt;span style=""&gt;      &lt;/span&gt;Aujourd’hui, nous pouvons malheureusement constater que notre jeunesse ne se souci que fort peu de tous ces problèmes, un vent d’individualisme s’est abattu sur nous, les soucis des autres ne peuvent nous concerner, nous n’avons aujourd’hui, pour la plupart d’entre nous, aucunement l’intention de nous lever comme l’auraient fait nos pères lors de ce fameux mois de mai. Il est vrai que notre jeunesse est totalement plongée dans la culture de la consommation que dénigraient les étudiants « gauchistes » de 68, mais il n’en est pas moins vrai que cette même jeunesse communique et échange de plus en plus d’idées, en utilisant notamment les nouveaux médias. Devons nous y voir un signe annonciateur d’un retour de l’idéalisme étudiant ? Une chose est cependant presque certaine, d’après les conjectures actuelles, «mai 2008 » n’aura pas lieu… . Enfin, n’oublions pas que tout est possible… .&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="color: black;"&gt;Il reste tout de même à déterminer la nature d’un possible nouvel élan de la jeunesse.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="color: black;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="color: black;"&gt;&lt;span style=""&gt;    &lt;/span&gt;&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;Mais quels sont les aspects de l’esprit soixante-huitard ?&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;Il est tout d’abord nécessaire de situer le contexte de l’émergence de ce mouvement.&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;A la sortie d’une terrible et sanglante guerre, le monde et la France accouchèrent d’une nouvelle génération, une génération aspirant à un monde meilleurs, à un monde plus juste et plus libre… . Cette génération issue du baby-boom, entrée par la suite dans la fleur de l’âge ne pouvait s’empêcher de parler, de partager ses idéaux, de se lever, de vivre tout simplement… .&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="color: black;"&gt;Le monde a enfin connu une génération raisonnée qui pourrait le délivrer du cycle infernal de l’éternel recommencement historique. Kant a dit un jour que l’histoire avait un sens, les étudiants, sur les pavés ont décidés de donner un sens à cette affirmation.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="color: black;"&gt;De plus, vivant sous l’étreinte de chaînes aussi invisibles, mais bien plus lourdes que nos actuelles entraves, les soixante-huitards étaient assoiffés de libertés.&lt;span style=""&gt;    &lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="color: black;"&gt;Dans une société extrêmement conservatrice, des sujets comme la sexualité ou la liberté des mœurs étaient tabous, de plus l’égalité homme femme était quasiment inexistante et bien d’autres injustices jalonnaient ces sociétés d’un autre temps.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="color: black;"&gt;&lt;span style=""&gt;    &lt;/span&gt;Face à de telles absurdités, et face à une société totalement sclérosée, les idéaux de cette jeunesse d’un genre nouveau venaient bousculer la France traditionnelle gaulliste. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="color: black;"&gt;Une traînée de poudre s’est allumée au sein des milieux estudiantins, ce qui répandit rapidement leurs idéaux au-delà de leur milieu ; en effet, la contestation étudiante se propagea au cœur des plus puissants syndicats. En fait la situation de la société de 1968 était si absurde que tout le monde aurait pu se mettre d’accord sur ce fait : face à une situation totalement injuste, un nouvel élan est né. Un vent idéaliste et progressiste souffla alors sur le monde.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="color: black;"&gt;Influencés par la vision de paix et d’amour des Beatles ou encore par l’esprit révolutionnaire de Jimi Hendrix, les idéalistes de 1968 lancèrent un nouveau combat.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="color: black;"&gt;&lt;span style=""&gt;     &lt;/span&gt;D&lt;/span&gt;ans la lignée des mouvements de 1848, ou encore des communards, de nouvelles barricades bousculèrent le paysage parisien.&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;Une perturbation durable s’établie contre&lt;span style="color: black;"&gt; la société injuste et obsolète ; e&lt;/span&gt;t une grève généralisé paralysa la France toute entière. Même des étudiants provinciaux se rendirent à Paris, et un vent de sympathie souffla sur &lt;span style="color: black;"&gt;les révolutionnaires de soixante-huit.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;Face à l’occupation des universités, sont venus les forces de l’ordre, face à la répression sont arrivés les pavés. « Sous les pavés, la plage » scandaient les étudiants, très vite,&lt;span style=""&gt;                                                                                                                           &lt;/span&gt;la chaussée se dénuda et les quartiers latins se transformèrent en un gigantesque fortin, un fort construit par des idéalistes, construit par des rêveurs. Tel Gavroche construisant sa barricade, les étudiant édifièrent des remparts ; les remparts de la liberté. &lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="color: black;"&gt;&lt;span style=""&gt;      &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;Confrontés à la dure réalité et à la répression, une spirale de violence affecta le mouvement. Cette violence finit par faire perdre la sympathie générale que l’ensemble des français éprouvait pour ces idéalistes, et avec une peur du gauchisme révolutionnaire, et un désir de retour à la normal, la France finit alors par se détourner des étudiants et des grévistes. On assista alors à une fin sec et brutale de l’élan, et à un net retour en force du gaullisme. Malgré la démission du président De Gaulle, et même avec la satisfaction partielle des revendications soixante-huitardes, on ne put s’empêcher de ressentir une profonde désillusion chez les anciens participant de cet élan. Nous ressentons encore aujourd’hui la même amère désillusion. Nihilisme et pessimisme n’ont alors cessés de parcourir notre pensée collective. Les anciens idéalistes qui ont vu leurs rêves se briser ont finalement renoncés totalement aux changements dont ils aspiraient. &lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;Violences à Mexico à deux semaines des JO, émeutes à Montevideo, assassinat de Martin Luther King et de Robert Kennedy, invasion de la Tchécoslovaquie, tant d’événement qui ont terriblement marquée la désillusion générale des idéalistes de tous bords.&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;Ainsi, partout dans le monde, nous avons assistés dans chacun des mouvements du printemps 1968 à l’effondrement des rêves&lt;span style="color: black;"&gt; et des idéaux de nos pères… .&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;La vague de l’espoir qui se jeta sur nous, retomba aussi vite qu’elle a surgit du néant.&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;Nous subissons aujourd’hui toutes les conséquences de la grande désillusion de 1968.&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;Evidemment, le mouvement de mai 1968 a bien contribué au recul des inégalités homme femme, il a contribué à la libération des mœurs et bien d’autres batailles ont pu être remportés ; mais la lassitude et le désespoir de la grande désillusion ont totalement brisé l’élan, pourtant déjà bien entamé, qui aspirait au changement et à la construction d’un monde meilleurs. Les anciens étudiants&lt;span style="color: black;"&gt; &lt;/span&gt;soixante-huitards occupent actuellement les plus hauts postes, mais pourtant la majorités des injustices qui régnaient avant 68 planent toujours sur nous, certaines, loin d’avoir disparues, se sont en fait renforcés, tandis que d’autres inégalités sont apparus. &lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;Dans une course effrénée à la mondialisation, j’ai bien peur que nous avons souvent oublié quelles étaient nos plus profondes valeurs morales.&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;La profonde désillusion de 68 serait ainsi intrinsèquement liée à l’évolution de notre histoire.&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;Les luttes passés ne peuvent être de simples chimères, l’histoire ne peut être le simple fruit du hasard, donnons lui un sens ! Donnons lui un sens !&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;span style=""&gt;      &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;span style=""&gt;      &lt;/span&gt;Aujourd’hui certains nous parlent de détruire les vestiges de l’esprit de 1968 …&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;. &lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;Certains voient en 68, l’incarnation de la violence juvénile, et de l’incompréhension générationnelle. Certains voient encore une tentative révolutionnaire marxiste léniniste sous la commande du «monstre rouge » en mai 1968, et d’autres voient en mai 68, l’inspirateur des violences urbaines de 2005… .&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;span style=""&gt;   &lt;/span&gt;Quelles erreurs ! Les soixante-huitards incarnaient simplement une envie de changement, séparée de toutes doctrines idéologiques, ils incarnaient juste des idéaux, des idéaux, ils étaient de braves idéalistes, à la recherche d’un monde meilleurs. &lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;Vouloir détruire l’esprit de 68, c’est en fait vouloir détruire nos idéaux… . Mais comment détruire des idées ? Nous pouvons submerger des idéaux, les recouvrir totalement, mais jamais les détruire. Les idéaux sont aujourd’hui enfoui sous les pavés, mais une parties d’entres eux transparaissent à travers l’érosion de la chaussée. Ces idéaux, déposés sur le sable des quartiers latins par nos pères, n’attendent que d’être repris par leurs fils. &lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;Dégageons de la chaussée nos idéaux perdus, afin de redonner à notre jeunesse l’envie de construire un monde meilleur. Mai 1968, l’incarnation de la moralité.&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;Le progrès humain dépasse les générations, chacune d’entre elles pose les bases des travaux à fournir par les générations suivantes. C’est donc à la nouvelle génération de reprendre le flambeau, afin de perpétuer un progrès moral, qui irait non pas du haut vers le bas, mais plutôt du bas vers le haut. En soixante-huit, nos pères ont formulés les idées, ils nous ont fourni le matériel, c’est donc à nous de bâtir l’édifice. Il est possible que nous n’ayons guère le temps de terminer cet édifice pour apprécier toute sa splendeur de notre vivant, mais construisons le, au moins pour nos petits enfants.&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;Mai 1968 ne peut pas être analysé simplement sous l’angle d’un échec. En effet, en plus de nous avoir apporté de nombreuses avancés, il a établi ni idéologies ni doctrines, mais simplement de nouveaux idéaux. On dit que bien souvent ce sont les fils qui profitent du combats des pères, mais qu’en fait, les fils ne se rendent pas réellement compte de l’étendu du grand pas en avant que leurs pères leurs à apporté.&lt;span style=""&gt;   &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;span style=""&gt;    &lt;/span&gt;Sous les pavés, je doute fort qu’il n’y ai autre chose aujourd’hui qu’une boue sèche et épaisse, salie par les méfaits du temps et de l’histoire. Cette boue renferme tout de même du sable, le sable de nos espoirs, espoirs mouillés, espoirs salis, mais espoirs quand même !&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;Sous les pavés, les sables sont prisonniers. Libérons les ! Libérons les ! Nettoyons les … Donnons vie à nos espoirs perdus!&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;Notre monde est malade, il réclame un remède.&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;Qui sait, nous finirons peut être par l’entendre un jour,… et lui remettre ce qui lui est dût… . &lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;span style=""&gt;        &lt;/span&gt;&lt;span style="color: black;"&gt;1968, 1968, 1968… . Voila bien une année &lt;i&gt;mystique&lt;/i&gt; aux yeux de tous ! &lt;i&gt;Vive l’esprit de 1968 !&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;Ranimons ensemble l’esprit de mai 1968 … . Nous en avons peut-être besoin aujourd’hui plus que jamais auparavant… . Servons nous des leçons du passé pour jeter les bases d’un monde meilleur, d’un monde humain, d’un monde juste !&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;Mes amis, je vous le dis, &lt;i&gt;l’histoire a un sens,&lt;/i&gt; et c’est à nous de le trouver !&lt;i&gt;&lt;span style="color: black;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3580705873727956778-6675943168027866436?l=mai68sciencespo.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://mai68sciencespo.blogspot.com/feeds/6675943168027866436/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3580705873727956778&amp;postID=6675943168027866436' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3580705873727956778/posts/default/6675943168027866436'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3580705873727956778/posts/default/6675943168027866436'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mai68sciencespo.blogspot.com/2008/05/discours-de-samy-mechatte.html' title='Discours de Samy MECHATTE'/><author><name>Le concours vous intéresse...</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13741308502738579916</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3580705873727956778.post-839483388243311438</id><published>2008-05-15T01:58:00.002-07:00</published><updated>2008-05-15T01:59:56.113-07:00</updated><title type='text'>Discours de Reda ACHAICHIA</title><content type='html'>&lt;p class="MsoNormal" style="text-align: center;" align="center"&gt;&lt;!--[if gte vml 1]&gt;&lt;v:shapetype id="_x0000_t202" coordsize="21600,21600" spt="202" path="m,l,21600r21600,l21600,xe"&gt;  &lt;v:stroke joinstyle="miter"&gt;  &lt;v:path gradientshapeok="t" connecttype="rect"&gt; &lt;/v:shapetype&gt;&lt;v:shape id="_x0000_s1026" type="#_x0000_t202" style="'position:absolute;"&gt;&lt;![endif]--&gt;&lt;!--[if !vml]--&gt;&lt;span style="position: relative; z-index: 251657728;"&gt;&lt;span style="position: absolute; left: 11px; top: -61px; width: 258px; height: 54px;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;!--[endif]--&gt;&lt;span style="font-size: 18pt;"&gt;Mai 68-Mai 2008 : que reste t-il sous les pavés ?&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;o:p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style=""&gt;Mesdames, mesdemoiselles, messieurs,&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 36pt;"&gt;&lt;span style=""&gt;Une atmosphère étrange s’est abattue sur la France en cette fin d’avril 2007. Une déflagration inattendue venue de l’Est parisien, précisément à Bercy. Cela ne venait pas du ministère pour une fois. Non, la nouvelle nous est arrivée du palais omnisport, où d’habitude la sueur est l’apanage du seul effort physique. Il y a eu ce jour deux types de sueur. La sueur lié à l’exaltation d’une nouvelle que nombreux attendaient et une sueur d’effroi pour d’autres.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style=""&gt;Je cite la raison d’une ambition. « Il s’agissait alors la de savoir si l'héritage de mai 68 devait être perpétué ou s'il devait être liquidé une bonne fois pour toute ».&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style=""&gt;Je vous avoue que Mai 68 en cette fin d’avril, particulièrement chaud d’un point de vue météorologique, n’était pas ma grande préoccupation. Je mesurais tout de même le déchaînement médiatique, intellectuel, bien pensant que suscitait la diatribe de notre ex-futur président de la République sur un évènement qui occupe à peine deux pages sur les livres d’histoire du secondaire.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style=""&gt;Pourtant tout le monde va en parler, commenter, décortiquer comme d’usage à chaque phrase d’un candidat à la fonction suprême. Sauf que là, ce n’était pas n’importe quoi. C’était Mai 68. Touche pas à mon pote.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style=""&gt;Il a fallu d’un mot. Un mot qui d’habitude est employé soit dans les films de Scorsese soit par les contrôleurs de gestion. Parfois pas pour les mêmes raisons.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 36pt;"&gt;&lt;span style=""&gt;Imaginez donc une séance de travail dans une rédaction d’un grand journal en proie à des problèmes d’argent. Ça peut être n’importe lequel du coup.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style=""&gt;Le rédacteur en chef : « Messieurs Dames, bonjour. Bon, vous avez, pour certains, assistés au meeting de Sarkozy à Bercy. Bon pour ceux qui ont vraiment couvert l’évènement et qui ont préféré le stylo à bille/calpin à la pinte de bière à la buvette porte G, j’aimerais que vous me disiez ce qu’on peut tirer de cette histoire. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style=""&gt;Un journaliste : « Franchement, il n’aurait pas pu parler d’autre chose. Mai 68, c’était il y a presque 40 ans. Qui s’en souvient vraiment et qui a envie d’en parler à part tous ces apparatchiks de la première heure ? »&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style=""&gt;Un autre : » Oui d’accord, mais il a dit « liquider », t’imagines un peu la polémique. La gauche ne va pas le rater cette fois. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style=""&gt;Le rédacteur : s’il vous plaît, on doit boucler quelque chose pour l’édition du soir. Quelqu’un pourrait-il me faire en quelques mots une analyse dépassionnée, un brin intelligente de ce que le candidat Sarkozy a dit concernant mai 68.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style=""&gt;Un journaliste se lance : je pense que ce que Sarkozy voulait exprimer lorsqu’il a voulu dire « liquider mai 68 », c’est qu’il a constaté, et je crois que son expérience en tant que ministère de l’Intérieur l’a beaucoup aidé, que les rapports d’autorité dans notre République étaient en train de se déliter. En gros, les jeunes ne respectent plus rien, leurs parents, la police, le professeur, le juge, l’Etat. Ils ne respectent que l’argent roi du capitalisme que mai 68 a d’une certaine manière promu puisqu’il a promu l’individu, au-delà de toute idée étatique, au-delà de tout système collectif coercitif.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style=""&gt;Le rédacteur : Ok, ok. Bon en gros, mai 68 serait responsable de la délinquance, du non-respect et de l’argent roi. Bon est ce que c’est bien pour nous cette histoire de liquidation ? Il faut qu’on fasse un vote. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style=""&gt;Ceux qui ne voulaient pas « liquider Mai 68 » étaient finalement majoritaires. Du coup, la rédaction a préféré paraphrasé une dépêche &lt;st1:stockticker st="on"&gt;AFP&lt;/st1:stockticker&gt; sertie de quelques commentaires sur les dates clés de Mai 68, et quelques témoignages de l’époque. La presse a informé. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 36pt;"&gt;&lt;span style=""&gt;Nous sommes donc réunis aujourd’hui un an après les évènements d’avril 2007, et quarante après le moment où tout avait commencé.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style=""&gt;La question surréaliste à laquelle il nous est donné de répondre aujourd’hui témoigne de la persistance et de la vivacité des débats qui ont court sur ce que d’aucuns appellent une simple manifestation éruptive de quelques sauvageons (je m’excuse pour cet anachronisme chevènementesque) des universités parisiennes dans un premier temps.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style=""&gt;D’autres, en revanche considérèrent Mai 68 comme une des grandes révolutions socio-culturo-politoco-toxico-économique du XXème siècle en France et ailleurs en Europe et qu’elle a constitué un tournant dans la perception de l’individu face au pouvoir autoritaire.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style=""&gt;Un évènement qui a fait trembler cette petite ingénue qu’était alors la Ve République, enfant gâtée par ses différents pères, et qui n’a pas vu venir la révolte de ces quelques étudiants plus âgés qu’elle.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style=""&gt;Contrairement à de nombreuses personnes présentes dans cet amphithéâtre, je n’ai pas assisté à Mai 68. Croyez le ou pas, je n’étais même pas l’once d’une idée, d’un projet en mai 68. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style=""&gt;Pourtant, combien j’aurais adoré faire partie de ce grand déchaînement de n’importe quoi, où tout était à faire puisque rien n’était permis. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style=""&gt;Cette grande révolte sacralisée par ces propres acteurs et détracteurs, je n’y étais pas. Je n’ai pas eu l’honneur de me battre dans un Paris barricadé en mai 68, près de 100 ans après une prise de bec musclée entre Communards et Versaillais.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style=""&gt;Je n’ai pas eu le privilège d’être l’auteur lumineux de slogans destinés à une glorieuse postérité. « Il est interdit d’interdire », « soyez réalistes, demandez l’impossible », « cours camarades, le vieux monde est derrière toi », « l’aboutissement de toute pensée, c’est le pavé dans ta gueule, &lt;st1:stockticker st="on"&gt;CRS&lt;/st1:stockticker&gt; », « sous les pavés la plage ». On en dénombre des dizaines et des dizaines encore, montre d’une créativité sans faille et d’un bouillonnement hormonal que le printemps n’allait pas tempérer. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style=""&gt;Mai 68 fut également un moment primordial quant à la prise de conscience de l’existence d’un objet dont tout le monde avait compris l’utilité première, mais qui avait sombré dans les oubliettes du non-dit, je veux bien sur parler du pavé. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style=""&gt;Avant mai 68, le pavé n’existait pas, sauf pour les quelques Saint Simoniens qui l’idolâtraient. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style=""&gt;Il n’existait pas. On en dénombrait des millions, la tête dans le sol, ne montrant que leurs dos foulés chaque jour, défigurés, mutilés, torturés par le poids des voitures, des passants et du temps. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style=""&gt;Le pavé n’existait pas, mais il ne tardait pas qu’une révolte rocailleuse devait s’abattre sur la France. Des forces vives, lourdes, disparates dans l’âge et le poids, mais unies par la même énergie, celle du bras d’un jeune étudiant solidaire de ses amis emprisonnés pour rébellion. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style=""&gt;Aujourd’hui, nous rendons un hommage inédit, nécessaire et responsable à cet acteur ignoré de Mai 68. Cela étant, nous devons lutter contre toute forme de dérive politique qui mettrait en péril notre capacité à prendre du recul sur notre Histoire, particulièrement celle du pavé.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style=""&gt;Loin des discours sur la critique de ce que certains ont appelé la repentance, nous devons réhabiliter l’histoire du pavé. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style=""&gt;Je vois déjà différentes factions extrémistes (mais directement concernés par l’histoire des pavés) crier au révisionnisme, d’autres diront que ces choses n’avaient pas de conscience politique, n’avaient pas de conscience tout court, que si nous admettons nos erreurs passées sur des objets aussi insignifiants qu’un pavé, alors nous devrons le faire pour toute entité que nous estimions insignifiante et que nous avons négligé. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style=""&gt;Les syndicats de police ne seront pas en reste. N’oublions pas que les policiers ont vraiment souffert du pavé. Imaginez une arme gratuite, disponible sous nos pieds capable de rivaliser avec les tonfas et les boucliers. C’était bien sur avant l’invention du flash-ball, tazers, sans parler des transformateurs EDF et autres pare-chocs. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style=""&gt;Sous les pavés la plage ! Qu’ils disaient. L’actuel maire de Paris, dont le sens de l’humour n’est plus à démontrer a préféré pondre la plage sur les pavés. En cela, il reste peut-être un des plus grands détracteurs de mai 68. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style=""&gt;Toutefois, ces considérations ne répondent pas à notre question. Finalement que reste t-il sous ces braves pavés ?&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style=""&gt;Tout d’abord, pourquoi devrait-il nécessairement rester quelque chose sous les pavés ? &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style=""&gt;Cessons de croire que Mai 68 est à l’origine et qu’elle façonne tous les maux de notre début de XXIè siècle. Non, ce n’est pas de la faute de mai 68 si il y a eu Octobre 2005, ce n’est pas de la faute de mai 68 si l’euro est un échec, ni que l’Erika s’est échoué sur nos côtes. Ce n’est pas de sa faute non plus si les professeurs ne se sentent plus en sécurité, ni que l’autorité s’en trouve contestée. Dans ce cas, comment expliquer que la famille reste un cadre encore préservé de l’exercice d’une autorité transcendantale. Enfin et c’est le plus important, et il faut que cela soit dit aujourd’hui, ce n’est pas de la faute de mai 68 si Zidane a donné un coup de tête dans le buste de Materazzi. &lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style=""&gt;Je vous demande donc à tous qui êtes ici de ne pas liquider Mai 68. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style=""&gt;Pour deux raisons : la première c’est que je ne sais pas ce que cela veut dire que de liquider un évènement historique. J’ai cherché dans le dictionnaire et à part les références à Scorsese et &lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;La seconde et je me suis renseigné ; 40 ans c’est jeune pour mourir, surtout quand certaines questions vieilles de beaucoup plus longtemps ne sont pas encore nées dans notre Histoire officielle.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style=""&gt;Pourtant, j’ai l’impression que beaucoup sont bien décidés à le faire, à liquider. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style=""&gt;De fait, si vous liquider Mai 68, merci de me prévenir afin que je prenne en photo tout vestige de mai 68 (les deux pages de mes livres du secondaire, quelques photos des facs de Nanterre, Jussieu, Vincennes, l’usine Lip, le lieu près de Millau où se sont déroulées quelques manifestations paysannes). &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style=""&gt;Si vous liquidez Mai 68, merci de prévenir également sa famille, à savoir en vrac Daniel Cohn Bendit, Alain Geismar et Krivine, les &lt;st1:stockticker st="on"&gt;CRS&lt;/st1:stockticker&gt;, la radio RTL, les ouvriers de l’usine LIP et de l’Ile Seguin, et tout ceux que j’aurais oublié ou qui ne sont peut être plus de ce monde.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style=""&gt;Sous les pavés, il ne reste plus grand-chose. Le bitume a changé beaucoup de choses. Contrairement aux pavés, il a l’avantage de la régularité, de ne former qu’un corps, de ne pas laisser de place aux sillons, aux petites tranchées de ciments que les pavés juxtaposaient. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style=""&gt;Sous le bitume, les pavés attendent. Une autre cause. Certainement.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;i style=""&gt;&lt;span style=""&gt;« L’&lt;span class="lactive"&gt;histoire&lt;/span&gt; justifie ce que l’on veut. Elle n’enseigne absolument rien, car elle contient tout et donne des exemples de tout. Elle est le produit le plus dangereux que la chimie de l’intellect ait élaboré. » Paul Valéry.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3580705873727956778-839483388243311438?l=mai68sciencespo.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://mai68sciencespo.blogspot.com/feeds/839483388243311438/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3580705873727956778&amp;postID=839483388243311438' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3580705873727956778/posts/default/839483388243311438'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3580705873727956778/posts/default/839483388243311438'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mai68sciencespo.blogspot.com/2008/05/discours-de-reda-achaichia.html' title='Discours de Reda ACHAICHIA'/><author><name>Le concours vous intéresse...</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13741308502738579916</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3580705873727956778.post-1640452864115498552</id><published>2008-05-15T01:58:00.001-07:00</published><updated>2008-05-15T01:58:21.960-07:00</updated><title type='text'>Discours de Paul Slama</title><content type='html'>&lt;p class="MsoNormal"&gt;«&lt;b style=""&gt; QUE RESTE-T-IL SOUS LES PAVES ? » &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;CONTRE MAI 68, ou LA NAISSANCE CONTEMPORAINE DU RELATIVISME POLITIQUE ET CULTUREL.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;span style=""&gt;            &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;span style=""&gt;            &lt;/span&gt;« Sous les pavés : la plage » : c’est là le très fameux slogan porté par de nombreux étudiants lors des évènements de 68. Aujourd’hui – où est donc passée la plage promise ? quatre solutions se présentent : 1)&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;les pavés n’ont pas bougé, la plage est toujours dessous, et elle attend sagement d’être découverte ; 2) les pavés ont été enlevés, mais nulle plage n’a montré le bout de son nez – et alors : les étudiants furent des menteurs, ou des rêveurs ; 3) les pavés ont été enlevés, et la plage serait sous nos yeux sans que nous la voyions, aveugles consommateurs que nous sommes ; 4) les pavés ont été enlevés, et la plage a bel et bien surgi sous les dehors admirables de « Paris Plage » : cela valait bien un mai 68… Dans les trois cas : quelque chose cloche – quelque chose, dans cette révolte européenne, n’a pas fonctionné. A la question si difficile, et à vrai dire presque indéchiffrable, même après la parution de tant de livres, souvent vains, sur un sujet brûlant, à la question, dis-je, de l’héritage, je serais tenté de répondre que c’est précisément sous les pavés qu’on a enterré, assez vite au demeurant, un mouvement comme celui de Mai 68. Sous les pavés du mythe, certainement, mythe qui n’a pas grand’ chose à envier à celui des grands groupes de rock des ces années charnières, ou encore des actions plus ou moins meurtrières du Che qui fut alors tant chéri. Ce mythe, on s’emploie aujourd’hui, de partout, à l’entretenir, à le faire revivre lorsqu’il semblait avoir été éteint par la conversion des acteurs de mai 68 au capitalisme le plus routinier comme le plus agressif, conversion au mode de vie d’aujourd’hui que rend possible la technique moderne, à la société de consommation jadis (avec beaucoup de bons sentiments) vilipendée avec la violence et l’esprit de la jeunesse, conversion à la vie de famille dans la plus pure tradition, réunie au coin du feu, lorsque l’époux se languit (sexuellement parlant) de sa douce et charmante maîtresse… Cette conversion prête le flanc aux moqueries de plus ou moins bon goût, plus ou moins justifiées – elle fit les choux gras des conservateurs de toujours et des contempteurs des ennemis du Général, de ceux qui ont osé… Car la question de l’héritage de Mai 68 n’est pas une nouveauté : cet héritage, malheureusement, est l’objet des passions les plus sommaires, des vulgates les plus tenaces, que l’on peut observer dans le débat en France, intellectuel ou non. Or – et c’est là le plus difficile, surtout à notre âge où nos passions l’emportent très souvent, même sous des dehors raisonnables – c’est posément, nécessairement posément, qu’il est possible de penser la question de cet héritage et d’accomplir ce difficile pas en retrait d’une histoire qui n’a jamais vraiment trouvé sa fin, et à laquelle trop de petits maîtres aujourd’hui veulent imposer leur point final. Je n’y étais pas, me dira-t-on : eh bien ! à la bonne heure : c’est cela qui rend possible le calme pas en retrait.&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;span style=""&gt;            &lt;/span&gt;Au premier abord, il n’est pas difficile de voir à quel point le fonds sur lequel reposèrent les évènements de mai 68 est anéanti aujourd’hui au profit d’un réalisme du marché accepté par absolument tout le monde, du moins du point de vue du comportement. L’interprétation marxiste dominante était celle de la lutte des classes à mener à terme jusqu’à l’abolition de la notion de classe elle-même, sous l’égide du prolétariat : et c’était maintenant, tout de suite. Cela passait par une « libéralisation » (bien mal nommée) de toutes les parties de la société, de la communauté la plus globale à l’individu dans son plus intime : au niveau de la communauté politique, le mythe de l’égalitarisme et du retour à une société de pré-consommation – la masse, sans la consommation, et sans la loi, produit de la domination bourgeoise qui occupe le domaine du droit afin d’assurer sa mainmise sur les autres classes ; au niveau de l’individu, la libération sexuelle – ou plutôt : l’hédonisme outrancier, je veux dire exposé aux yeux de tous, fièrement, publiquement, niant ainsi la distinction absolument fondamentale dans la démocratie entre domaine privé et domaine public. Cela ne va pas sans une exaltation des sentiments, des passions (qui justement fait parler de « révolution »), qui alors passe par la fête : que vient-elle faire ici, celle-là ? la fête, c’est précisément la parodie de révolution : on donne un nom à une révolte qui est sa propre parodie. Raymond Aron parlait à ce propos du « Carnaval 68 » : la fête rassure au sein même de l’événement ses acteurs, incertains eux-mêmes de ce qu’ils accomplissent – de ce qu’ils croient accomplir. &lt;b style=""&gt;Sous les pavés, la plage : les pavés, c’est à dire la ville, mais aussi ceux qu’on lance : ils signifient à la fois la plage en puissance, celle qu’annonce la révolte, mais également la guerre, ou plutôt l’insurrection violente : la fête aussi – est violente. Et derrière la fête – la réalisation des pulsions de violence.&lt;/b&gt; Ce bricolage idéologique, ces contradictions idéologiques innombrables qui vont de la réaction la plus dure à l’anarchie la plus radicale, n’est plus du tout d’actualité en ces temps de moyenne, d’insertion et d’apathie politique profonde – quand bien même les radicalités politiques n’ont pas disparu. Pour résumer : 68 désespère de cette apathie, de ce juste milieu, et désire l’oppression qui réveille les consciences individuelles : l’abject slogan « CRS=SS » correspond précisément à ce désir de se trouver un ennemi de taille, un monstre qui réveille les passions politiques et l’engagement physique et idéologique&lt;b style=""&gt;. Le malheur des jeunes révoltés : ce ne sont que des CRS, et le général de Gaulle n’a plus l’âge pour faire une carrière de dictateur &lt;/b&gt;! Cet ennemi fantasmé – on le retrouve dans la haine de ce monde-ci, celui qui consomme : on créé des mythes : le Che, le Vietnam, le Tiers-Monde.&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;span style=""&gt;            &lt;/span&gt;On pourrait croire que tout cela a passé, que c’est derrière soi, que l’aujourd’hui a fait de la place et a oublié la totalité de mai 68. Certains, au contraire, affirmeront que les étudiants ont toujours le sens de la lutte, que mai 68 donne l’exemple, que le gauchisme étudiant aujourd’hui quasi unanime est le résultat de mai 68 et de son mythe. J’affirme que la fête que je viens d’analyser brièvement a engendré un monstre beaucoup plus pernicieux que ces manifestations gauchistes inoffensives : je veux dire le &lt;b style=""&gt;relativisme&lt;/b&gt;.&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;span style=""&gt;            &lt;/span&gt;Ce mot a de très nombreux sens. Le plus fondamental est celui que lui donne Léo Strauss , qui l’entend comme la soumission absolue de l’individu aux valeurs de son temps, sans recul et sans jugement : le relativisme, pour Léo Strauss, c’est fondamentalement confondre vérité et valeur, la vérité étant immuable et les valeurs dépendant de la société en place. Ce sens n’est pas si éloigné du sens vulgaire, qui désigne le fait d’instaurer des valeurs qui rendent égales les valeurs présentes, et de concevoir toute hiérarchie intellectuelle comme totalitaire ou dictatoriale. Car mai 68 a déployé un relativisme effroyable, une entreprise de planification totale des valeurs en place, en réfutant toute idée de vérité immuable. Entrons dans le détail de cette « idéologie 68 ».&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;span style=""&gt;            &lt;/span&gt;Raymond Aron s’indignait de l’idéologie du « tout ou rien » de 68. Je veux dire : &lt;b style=""&gt;1)&lt;/b&gt; &lt;b style=""&gt;sur le plan politique &lt;/b&gt;: tout est pouvoir. Tout ce qui, de près ou de loin, exerce une influence morale, intellectuelle ou religieuse, est pouvoir. Mais la contradiction (inévitable) est que pour renverser ce pouvoir, il faut un pouvoir. De ce relativisme politique on en vient à considérer les contre-pouvoirs eux-mêmes comme dangereux. Par extension, toute norme est relativisé, tout fait norme, toute tentative de hiérarchiser une norme par rapport à une autre est considéré comme violent. Autrement dit, la violence est elle aussi relativisée, et on voit dans toute manifestation d’autorité, même celle des maîtres à la Sorbonne, une manifestation de violence. Ce relativisme politique a conduit inexorablement à une contestation aveugle de toute autorité, quelle qu’elle soit. Le danger ? ne plus discerner la figure d’un démocrate de celle d’un dictateur. Vous savez –&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;&lt;b style=""&gt;l’histoire de celui qui crie au loup si souvent que lorsque le loup est vraiment là, personne ne le prend au sérieux !&lt;/b&gt; il est bien évident que ce relativisme se retrouve encore aujourd’hui chez les étudiants, qui assimilent volontiers l’autorité à l’ennemi, la rigueur politique au rigorisme, le conservatisme à l’étroitesse des vues. Et pourtant : combien je me sens atypique et rebelle parce que je suis conservateur ! A contrario – c’est bien le propre du relativisme que de se conformer (à son insu) aux valeurs que le temps a instaurées : c’est pourquoi ce relativisme politique est la chose du monde la plus partagée dans le milieu étudiant. &lt;b style=""&gt;2) Sur le plan culturel &lt;/b&gt;: ce relativisme est à mon sens le plus périlleux, celui qui fut et est encore plus que jamais le plus criminel : il a conduit à une intronisation du folklore (je veux dire les variétés et ce qui en découle : le rock) dans le domaine de l’art – on dit aujourd’hui : de la création. L’idéologie soixante-huitarde du « tout ou rien » a conduit également à considérer que tout est culturel – plus encore : que tout est artistique à partir du moment où le projet est artistique. Je me suis déjà prononcé à de multiples reprises , dont une fois à l’écrit, à SciencesPo., sur ce que j’entendais par là. Mai 68, en se tournant du côté du rock, de la variété, a instauré une prétendue esthétique purement homonymique qui considère que l’art n’est plus rien de technique, qu’il n’est plus rien de réglé, de savant, d’élitiste, mais qu’il doit être dans l’absence totale de technique qui le rabaisse à ceux qui n’entendent rien d’autre que le bruit épouvantable des guitares électriques et des batteries assourdissantes et répétitives. L’art contemporain, lui aussi, tout comme le rock, est enfant de mai 68, puisqu’il a (comme concept : je ne parle de l’authentique art d’aujourd’hui) congédié toute technique, i.e. tout acte pré-créateur et décideur de l’ouverture artistique d’un monde, au profit d’une seule volonté destructrice qui repose sur le concept même de destruction et de rupture. Or : les installations, performances et autres monochromes ineptes ne sont rien d’autre que le résultat du relativisme le plus aveugle : il se croit anti-conformiste, lorsqu’il est la norme la plus admise. L’idéologie 68 – c’est très précisément cela : la posture d’anti-conformisme adoptée par la majorité : la majorité des étudiants, la majorité des artistes. Et cela est parfois plus insidieux que ça en a l’air : écoutez cette anecdote qui est fraîche de quelques jours. Nous assistions, mes camarades de classe et moi-même, à une rencontre avec le très « estimable » et « réputé » Pascal Nègre, patron d’Universal Music France et membre du jury de la très haute émission culturelle, Star Academy. Cela va de soi – tout le monde dit du mal de ce programme, la plupart du temps avec une grande virulence (sans d’ailleurs se rendre compte que les Beatles valent autant que Hélène Ségara !). Eh bien – non seulement je fus le seul et l’unique à l’accuser de relativisme culturel, mais je fus en outre pris violemment à partie par une grande partie des étudiants présents, qui m’accusèrent de conservatisme étroit ! mai 68 a instauré dans les esprits de la jeunesse d’aujourd’hui un déni de ce qui fait l’essence même de l’œuvre d’art : le travail, qui permet d’accueillir au mieux la technique la plus aboutie, l’effort – et, finalement, toute hiérarchie des cultures. Or : il y a des sous-cultures. Il y a des façons de faire du bruit avec des guitares électriques qui sont à la portée de tout le monde. Non &lt;b style=""&gt;: « élitisme » n’est pas un gros mot : il est au contraire le plus démocratique de tous les mots, parce qu’il met&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;au centre de toute action le seul mérite&lt;/b&gt; &lt;b style=""&gt;individuel&lt;/b&gt;. Mai 68, en abattant l’autorité de l’école (avec les dégâts dont on commence à prendre la mesure), a également détrôné l’autorité de la vérité elle-même, dont l’accès le plus privilégié passe par l’œuvre d’art. Sans autorité intellectuelle, toute œuvre de l’esprit en vaut une autre, et il suffit d’adopter une prétendue posture artistique pour en porter le nom. C’est selon moi la catastrophe sans précédents que mai 68 a commise : le folklore porte le même nom que l’art savant, et le gribouillage est portée au niveau du chef d’œuvre. &lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;span style=""&gt;            &lt;/span&gt;Il serait absurde de ne pas comprendre que tout se tient : le relativisme politique mène au relativisme culturel. Mais dans tout péril croît aussi ce qui sauve : que cela nous serve de leçon. Que mai 68 ne soit plus un mythe, mais un avertissement. La pire des idioties a été de le prendre&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;à la lettre : il est grand temps, en ces jours d’anniversaire, de corriger le tir , et de n’y voir qu’un caprice puéril et pernicieux.&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3580705873727956778-1640452864115498552?l=mai68sciencespo.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://mai68sciencespo.blogspot.com/feeds/1640452864115498552/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3580705873727956778&amp;postID=1640452864115498552' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3580705873727956778/posts/default/1640452864115498552'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3580705873727956778/posts/default/1640452864115498552'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mai68sciencespo.blogspot.com/2008/05/discours-de-paul-slama.html' title='Discours de Paul Slama'/><author><name>Le concours vous intéresse...</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13741308502738579916</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3580705873727956778.post-1390970695352526320</id><published>2008-05-15T01:52:00.002-07:00</published><updated>2008-05-15T01:53:43.116-07:00</updated><title type='text'>Discours de Vincent Villette (vainqueur!)</title><content type='html'>&lt;p class="MsoNormal" style="text-align: center;" align="center"&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;"Mai 1968 - Mai 2008 : Que reste-t-il sous les pavés ?"&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: center;" align="center"&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; color: red;"&gt;&lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;« Fini, c’est fini, ça va finir »…Cette réplique de Clov dans &lt;u&gt;Fin de partie&lt;/u&gt; de Beckett pourrait être la rengaine éternellement associée à mai 68 : en effet phénix sans cesse enterré, il semble pourtant renaître à chaque fois des larmes qui accompagnent sa mort&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Dans ce contexte, sommes-nous toujours, depuis ce mouvementé mois de mai, dans « le siècle de 1968 » ? A l’aube de cette nouvelle commémoration, que reste-t-il réellement sous les pavés ? 68 n’a-t-il vraiment été qu’un début ou bien les coryphées de ce mouvement ont-ils progressivement déposé les armes face à la forteresse imprenable de l’immobilisme? Et que sont devenus ces « juifs allemands », ces CRS à casque à pointe, à l’aune des flash-Ball et du ministère de l’identité nationale ? &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;A première vue, sous les pavés, il n’y a que l’asphalte. En effet ces étudiants prométhéens, qui voulaient si ardemment porter la flamme d’un monde nouveau, ont en définitive noyé cette étincelle dans le tonneau des Danaïdes de la société de consommation. Mai 68, aujourd’hui, ce n’est plus des idées, ce ne sont que des produits. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Dans ce « Wall-Marx » du souvenir, trône en tête de gondole le pavé, véritable pierre philosophale du second XXème siècle. Estampillé révolution par excellence, il est devenu l’arme mondialisée de la contestation ; de la Bande de Gaza à la place Tien-an-men, il recouvre la route de toute révolution qui se respecte. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;En rayon fleurissent aussi Des « T-Che » à l’effigie du « Commandante », floqués des slogans écrits alors à l’encre lacrymogène. Fabriqués en Chine par des ouvriers qui ne voient définitivement que la face cachée de la Lune communiste, ils sont revendus par les marchands d’un temple latin depuis longtemps pillé. &lt;b&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;L’événement mai 68 en lui-même n’est d’ailleurs plus guère qu’un « muguet historique », un marronnier de substitution en attendant l’automne. C’est devenu rituel : avec le sacre du printemps bourgeonnent les couvertures de magazines, de journaux et autres numéros spéciaux consacrés à cette révolution en mode mineur. En ce quarantième anniversaire, les bougies sont même insolemment aveuglantes : de la Croix à Libération en passant par Télérama, chacun y va de son pavé intellectuel dans la mare d’un passé encore trop récent pour être limpide. En somme, en mettant le doigt dans l’engrenage de la marchandisation, les soixante-huitards ont aussi vendu leur âme au « Faust capitaliste ».&lt;b&gt; &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Les conséquences politiques de 68 laissent de même à penser que, sous les pavés, les traces des anciennes via romaines étaient encore assez prégnantes pour encadrer le flot des bouleversements. Les fondamentalistes soixante-huitards&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;voulaient la révolution, ils ont eu la « réaction ». Louis XVIII avait eu sa « chambre introuvable » en 1815, Charles XI l’a obtenue aux législatives de juin. Face aux périls rouge, rose et jeune, De Gaulle, en digne héritier de Napoléon III, avait fini par « retrouver son chiffre ». On peut certes nuancer la véhémence de Renaud envers ces électeurs, « Moutons effrayés par la liberté », mais toujours est-il que les masses électorales avaient, encore une fois, donné la preuve de leur attachement atavique, presque pavlovien, à l’ordre. Les Français, s’accrochaient, face à la chienlit, comme du chiendent&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;à la roche du statut-quo.&lt;span style=""&gt;    &lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;Au soir des résultats, le général aurait pu même retrouver son képi de jouvence et prononcer, comme dans un lointain écho à l’été 1944. "... Paris, Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! Mais Paris libéré !... libéré par lui-même, libéré par son peuple, avec le concours des armées de la France...". Une fois n’est pas coutume, Marx avait raison : si, comme le dit Hegel, les grands évènements et personnages historiques se répètent deux fois, la première occurrence se joue comme une tragédie tandis que la seconde demeure inexorablement de l’ordre de la farce. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;span style=""&gt;       &lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Mais, attention, loin de moi l’idée de cantonner&lt;b&gt; &lt;/b&gt;Mai 68 à une tempête germanopratine dans un verre d’eau du café de flore. Non, même si Mai 68 n’est que le dernier avatar du mythique Sisyphe français et de son rocher révolutionnaire, il a tout de même laissé quelques traces. De la même manière que les marques d’oreillers témoignent au réveil de l’endormissement passé, mai 68 a imprimé ses stigmates sur la joue d’une France jusqu’alors profondément assoupie dans le rêve consumériste. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;On peut en effet considérer que, sous les pavés, restent encore, désespérément inoxydables, ceux qui les lançaient. Certes, Dany le rouge est devenu entre temps vert, certes Krivine a laissé Besancenot monter à sa place sur les barricades, certes Madelin a depuis longtemps troqué sa chemise noire au profit d’un costume libéral…Mais, le fait est : ils sont toujours là. Leur survivance relève même, par certains aspects, de l’acharnement thérapeutique : voir BHL, en col mao, prôner le boycott des prochaines olympiades asiatiques, c’est comme le chant d’un cygne soixante-huitard blessé à mort par la grippe aviaire du ridicule. Si l’on s’aventure ensuite au sein de l’éducation nationale, on constate aussi que ce ministère reste, plus que jamais, celui des anciens combattants. Le c(h)œur de l’Armée Rouge bat toujours. Evidemment, sur leurs barbes désormais grisonnantes, la poussière du combat a été remplacée par celle qui recouvre les antiquités. Néanmoins, la flamme brûle toujours…A l’ occasion d’un cours sur De Gaulle, d’une leçon sur Mao ou même d’une étude sur la société française post-68, elle se ravive instantanément. Cependant, à l’heure des portables, des mp3 et autres « nécessités contingentes », ces Orphée blanchis à la craie ont du mal à tirer leurs Eurydice estudiantins de l’enfer de la consommation…même au son lyrique de l’Internationale !&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Mais, dépassant ses seuls acteurs, la postérité de 68 passe aussi par l’imagination déployée dans les slogans. Sous les pavés, les maximes…Cette persistance se retrouve surtout lors des campagnes électorales,&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;lorsque les candidats recyclent sans vergogne les devises soixante-huitardes à la moulinette de leurs intérêts présents. Sans même évoquer l’opportuniste « changer la vie » de Mitterrand en 1981, comment ne pas considérer le « ensemble tout devient possible » comme une résurgence directe du « soyez réalistes, demandez l’impossible » qui résonnait à l’époque de la Sorbonne à Nanterre ?! Et,&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;maintenant arrivé au pouvoir, Nicolas Sarkozy ne fait-il rien d’autre, au final, que de « jouir sans entraves » ? Finalement, le bling-bling n’est-il pas le stade suprême de l’hédonisme soixante-huitard ? &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;D’ailleurs, notre président et mai 68, c’est presque de l’ordre du « je t’aime, moi non plus »…Il va et il vient (à dire sur l’air de Gainsbourg !), entre rejet absolu et acceptation de fait. Mai 68, c’est son complexe d’Œdipe : il se sent obligé de tuer le père révolutionnaire pour mieux s’unir à la mère libertaire qui lui a permis, à lui, le « juif hongrois », deux fois divorcés et même pas énarque, de se hisser, grâce aussi au renfort salutaire des talonnettes, jusqu’à la présidence. Alors, au regard de sa rupture croissante…avec le peuple, il n’est pas impossible que, perpétuant l’héritage qu’il s’efforce de liquider, mai 2008 devienne le mois du « un an, ça suffit »… &lt;span style=""&gt;   &lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;Mais revenons-en à nos moutons, ou plutôt à ces « formules béliers » destinées à enfoncer la porte d’une société viciée. Cette malle aux trésors d’imagination est loin d’être vide…certaines pépites sont même plus que jamais d’actualité. François Bayrou par exemple pourrait dynamiser son moribond modem par une formule choc issue du creuset soixante-huitard…Ainsi : « L'humanité ne sera heureuse que quand le dernier capitaliste sera pendu avec les tripes du dernier gauchiste », ce serait quand même plus clair et plus percutant que le tiède «la France de toutes nos forces » ! De la même manière, face à l’hémorragie communiste et à la rhétorique du vote utile, le PC aurait sans conteste gagné à réutiliser la marmite soixante-huitarde pour accompagner Marie-Georges Buffet d’un tonitruant : « laissez la peur du rouge aux bêtes à cornes » ! Bref, derrière le poids des évènements, si l’on fore sous les pavés, ce sont surtout les aphorismes qui jaillissent…&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;On ne pourrait néanmoins finir une réflexion sur mai 68 sans évoquer la révolution des mœurs, la libération sexuelle qu’a engendrées ce printemps « du » peuple. Il est vrai qu’en cette période de MST et donc de préservatifs, le fameux « Faites l’amour et recommencez » vient frontalement et de manière presque provocante s’entrechoquer à la question existentielle du pouvoir d’achat. Mais quand même…on ne peut éluder le fait que 68 est parti d’un dortoir. Rétrospectivement, on peut même affirmer que ce sont les hormones qui ont fait germer ce mouvement. Pour pouvoir accéder aux chambres féminines, des milliers de Romeo sont descendus dans la rue !&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;Sous les pavés, Nanterre et les autres ont ainsi déterré de vrais trésors : l’abaissement de la majorité, la démocratisation de la contraception ou encore l’IVG en sont sûrement parmi les conséquences les plus directes et les plus remarquables. Après, ont-ils ouvert la boîte de Pandore de la dépravation ou à l’inverse brisé les chaînes qui entravaient l’amour, tout est question de point de vue…&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Ainsi l’héritage de mai 68 reste sujet à caution, à débats…Néanmoins, même si l’on peut se diviser sur ce qui subsiste réellement sous les pavés, il est évident que, sur les pavés cette fois, une épaisse couche de macadam est venue recouvrir les aspirations de toute une génération : ce n’est en effet pas tant l’imagination que le mensonge électoral qui a pris progressivement le pouvoir et, si les larmes des philistins sont le nectar des dieux, la sueur des exploités de la société reste, en notre bas monde, la principale monnaie d’échange…En somme, sous les pavés, Paris-plage !&lt;b&gt;&lt;span style=""&gt;   &lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3580705873727956778-1390970695352526320?l=mai68sciencespo.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://mai68sciencespo.blogspot.com/feeds/1390970695352526320/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3580705873727956778&amp;postID=1390970695352526320' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3580705873727956778/posts/default/1390970695352526320'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3580705873727956778/posts/default/1390970695352526320'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mai68sciencespo.blogspot.com/2008/05/discours-de-vincent-villette-vainqueur.html' title='Discours de Vincent Villette (vainqueur!)'/><author><name>Le concours vous intéresse...</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13741308502738579916</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3580705873727956778.post-4881025583615680254</id><published>2008-05-15T01:51:00.000-07:00</published><updated>2008-05-15T01:52:16.483-07:00</updated><title type='text'>Discours de Julie Trassard</title><content type='html'>&lt;p class="MsoNormal" style="text-align: center;" align="center"&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; font-variant: small-caps;"&gt;Sous les pavés que reste-t-il ?&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Sous les pavés… la plage ? Sans doute pas.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;La plage. La liberté sous les pavés de la contrainte.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Un horizon heureux après les barricades.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Un espoir fou, peut-être.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Pourtant, cet idéal est toujours loin, inachevé et impalpable… &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Alors, mai 68 : un échec, une illusion ? Je ne le crois pas, il ne serait pas si présent aujourd’hui sinon, si débattu, si vivant.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Mai 68 est avant tout un évènement. L’une de ces dates qui peuplent notre histoire pour faire frémir les gens. Un moment qui nous ramène à nous car la révolte transmet l’essence et les aspirations d’un peuple. Quarante ans après, nous, jeune génération, ne l’avons pas vécu, nous ne l’avons pas connu autrement qu’à travers le miroir déformant de la mémoire collective, et pourtant ce printemps nous habite. Tout comme d’autres moments plus anciens. En France, notre histoire est emplie de pavés : les pavés de la Révolution, les pavés de la Commune, les pavés de Mai 68… Notre histoire, comme un mur où ces pierres s’empilent et revêtent un caractère sacré. Autant d’épisodes où le peuple poussé à bout s’anime, s’unit et veut se battre, porté par un absolu qui le dévoile à lui-même. Voilà pourquoi nous avons besoin de nous souvenir. C’est ce qui nous permet de nous recueillir et de nous rassembler. C’est ce qui nous permet de nous définir et de nous transformer. Car nous sommes, finalement, le reflet de ceux qui nous ont précédés et le miroir de ceux qui nous suivront…&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Mai 68 est donc d’abord ce symbole, ce point de réflexion. Mais symbole de quoi en fait puisqu’on le taxe de tout ? &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Mai 68 : une convulsion de liberté, en France et dans le monde, de Paris à Mexico. La liberté dans toute sa splendeur, dans ce qu’elle peut avoir de merveilleux comme d’effrayant. La liberté, ici, contre une société de consommation aliénante. La liberté pour la première fois réellement associée au socialisme. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;La liberté ailleurs, au même moment, à Prague, de l’autre côté du mur, prenant un chemin inverse, une lutte pour cette même société de consommation qui, dans l’URSS d’alors signifiait libération. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Mais partout un seul combat contre des règles pesantes et autoritaires. De cette autorité injustifiée qui se porte comme un poids. Un combat également, pour plus de justice, contre les inégalités et la répression. Bref, une liberté épanouissante portant l’individu vers le collectif, l’inscrivant dans un projet commun, noble et absolu.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Mai 68 c’est également des faits. Une union improbable entre ouvriers et étudiants, des forces sous estimées qui se rassemblent pour proclamer que demain sera meilleur parce que, sous les pavés, il y a la plage... Mai 68, c’est une grève générale, l’effervescence politique dans les rues et les amphis. Cette foi, encore, que l’on peut changer les choses. Mai 68 ce sont des débats, des exigences parfois non préméditées. L’excitation de sentir qu’à ce moment précis quelque chose se passe, que l’on y participe et que tout est possible. La peur aussi, de cette ferveur un peu folle, l’amour de ces pavés si durement taillés, si joliment agencés, face au sable qui ensevelit tout. Mai 68 est ce moment d’existence : &lt;i&gt;ex-ister&lt;/i&gt;, être en dehors de soi. C’est un&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;peuple face à lui-même qui se rend compte qu’il ne se connaît pas et qu’il peut se transcender. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Mai 68 c’est aussi les accords de Grenelle. Un maigre compromis en apparences qui pose pourtant les bases de changements profonds. Des salaires qui augmentent, une autre semaine de congés payés. Un idéal de vie en dehors du travail, donner à l’être humain plus de temps et de moyens pour soi, pour s’épanouir et se parfaire. Jouir enfin sans entrave, sans culpabilité du moins. N’avoir à rendre de comptes à personnes quand seul nous-mêmes sommes engagés. Pouvoir dire enfin, que le sexe est un élément du bonheur, que la femme ne vaut pas moins que l’homme et qu’ensemble ils ont le droit de s’aimer. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Mai 68, c’est la contraception qui se généralise, permettant aux femmes d’être maitresses de leur vie. C’est aussi, par la suite, le droit d’avorter et de décider sur son corps, sur sa destinée. C’est le divorce plus facile également, la possibilité de se tromper, même par amour, d’admettre que l’on n’est pas heureux et que l’on peut changer. Ne pas subir pour toujours la décision d’un instant.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Mai 68, c’est aussi la jeunesse réaffirmée. Une école plus mixte, des universités plus modernes et, plus tard, la majorité à 18 ans. Signe d’une meilleure écoute, d’un plus grand respect de la jeunesse, d’un nouveau rapport entre les générations, plus fluide, moins hiérarchique, plus enrichissant. La nouvelle famille tant décriée autorise pourtant cette parole plus libre et si fondamentale pour que les enfants comprennent, apprennent, agissent et se responsabilisent.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Mai 68 se traduit aussi dans les médias et prépare l’éclatement de l’ORTF puis les lois des années 80 pour instaurer du pluralisme et, encore une fois, de la liberté. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Mai 68 c’est également un nouveau paysage politique. La gauche et la droite telles que nous les connaissons se forment de part et d’autre des barricades. C’est la mise en marche d’un processus social, moral, économique et politique qui débouche sur la création du Parti Socialiste à Epinay, puis sur la victoire de François Mitterrand en 1981. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Mai 68 est donc ce moteur qui a cristallisé des aspirations plus anciennes pour donner une direction à la société. C’est un chamboulement, une rupture. Comme tout changement, Mai 68 donne lieu à un mythe de l’âge d’or brandi par certains critiques. Mai 68 aurait, selon eux, instauré la décadence dans une société jadis bien ordonnée. Cette affirmation donne lieu à un retour de balancier qui débouche sur une société ambivalente, située dans un ‘entre deux’. D’un côté, la liberté acquise ne peut être discutée : sur le plan des mœurs, de la vie privée, la permissivité est de plus ne plus grande. Mais d’un autre côté, la contrainte fait son retour dans l’espace public qui est chaque fois plus contrôlé. Plus de cigarette, pas d’excès de vitesse, pas trop d’alcool, ni de gras, ni de sucre, des caméras de surveillance, une instruction civique plus sévère… On dénonce la perte de la notion de respect et l’on prône un renouveau de l’autorité. On décrie une trop grande tolérance et une trop grande liberté.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;On revient également sur les acquis sociaux : plus d’heures de travail, des salaires trop bas, un SMIC qui stagne… Les chômeurs seraient des irresponsables qui ne veulent pas travailler et préfèrent vivre aux frais de la société. L’individu prend toute la place face au collectif et à la solidarité. On a peur de partager, car on pense que donner c’est perdre et que ceux à qui l’on donne en profitent à nos dépens. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;On prétend également que la liberté menace la sécurité. On tente donc de la restreindre. Le système judiciaire en tire les conséquences en durcissant les condamnations et en maintenant désormais des individus enfermés même au-delà de leur peine.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Ce retour de bâton est dangereux. Revenir en arrière n’est jamais un progrès. L’échec de Mai 68 n’est pas dans la liberté qu’il a su donner. Il est dans le fait que cette liberté n’ait pas toujours été assortie de responsabilité. C’est là que tout se joue. Il ne s’agit pas de défaire Mai 68 mais de le poursuivre et de le dépasser. Mai 2008 ne peut et ne doit pas être identique mais il doit s’en inspirer. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Parce que nous avons tous rêvé un jour d’un monde libre et juste où chacun trouverait sa place et se réaliserait dans son travail et dans sa vie. Parce que nous continuons de le faire, par ce qu’il ne faut pas démissionner et encore moins se résigner… Mai 68 résonne encore.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Alors, sous les pavés… la plage ? Sans doute pas.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Sous les pavés notre présent et notre avenir. Sous les pavés de nouveaux objectifs pour lesquels il faut s’investir et se rassembler.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Pour le monde, les droits de l’Homme et le développement s’imposent à nous comme un devoir face à la faim, à la misère et à l’oppression. La hausse des prix agricoles et les émeutes qu’elle provoque ne trouveront de solution que collective. Quelque part des hommes, qui sont nos semblables, ont faim. Le Tibet, la Tchétchénie, le Tchad, le Darfour… tant d’autres peuples, tant d’autres guerres, pour finalement un seul but : vivre dignement et libre selon ses convictions. Des femmes encore sont opprimées, méprisées, vendues, violées… Le combat n’a pas cessé.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Pour la France, la liberté, la responsabilité et la solidarité… Dans ce monde individualiste, il ne faut pas oublier que le Nous peut agir ; que c’est ensemble que nous marcherons, non pas en nous regardant dans les yeux mais en regardant dans la même direction. Pour que demain soit meilleur qu’hier et qu’il ne laisse personne de côté.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Mai 68 c’est ce souffle, ce moteur qui nous dit que c’est possible. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;C’est, finalement, la force inépuisable du progrès…&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;i&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Soyons réalistes, demandons l’impossible !&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3580705873727956778-4881025583615680254?l=mai68sciencespo.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://mai68sciencespo.blogspot.com/feeds/4881025583615680254/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3580705873727956778&amp;postID=4881025583615680254' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3580705873727956778/posts/default/4881025583615680254'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3580705873727956778/posts/default/4881025583615680254'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mai68sciencespo.blogspot.com/2008/05/discours-de-julie-trassard.html' title='Discours de Julie Trassard'/><author><name>Le concours vous intéresse...</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13741308502738579916</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3580705873727956778.post-6488786225310481413</id><published>2008-05-15T01:50:00.002-07:00</published><updated>2008-05-15T01:51:35.642-07:00</updated><title type='text'>Discours de Grégoire Jacquelin</title><content type='html'>&lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;A nos vaillants et dignes héros de la Révolution de l’esprit et des mœurs, à ces pères intellectuels qui ont brandi les valeurs d’une France révoltée, à ces Femmes et Hommes dont la pugnacité a répondu aux cris d’une liberté menacée. Mais aussi, au nom de tous ceux qui pensent qu’une Révolution est grande à mesure que son souffle, ses bruits, son odeur, parviennent jusqu’à nous comme au jour de l’événement. A tous ces protagonistes, et à ceux qui aujourd’hui se réclament de Mai 68, je tiens à leur rendre un hommage poignant, à la hauteur de leur combat pour la liberté et des valeurs que le temps n’effacera jamais, un combat que je situe au Panthéon des engagements politiques les plus fédérateurs.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Ce moment-là, unique et fantastique, mérite que l’on s’y attarde, que l’on s’en rapproche, pour le faire revivre à défaut de l’avoir vécu, pour raviver sa flamme à défaut de l’avoir allumée. Ce moment-là, spontané dans le temps, mais éternel dans l’histoire, nous en fêtons les quarante ans. Ou plutôt, nous célébrons les deux fois vingt ans de l’aventure de Mai 68, deux fois l’âge moyen de ces étudiants mobilisés, au côté d’autres opprimés du système en place, pour sortir le pays des froides chaînes d’une morale et d’une politique rigoureuse et castratrice. Deux fois vingt ans, en effet, car aujourd’hui plus que jamais, un vent de révolte menace de faire trembler les pavés. La fougue est toujours là, l’espoir demeure invaincu, la première nourrit le second, et en retour reçoit les faveurs de l’autre. L’avenir semble compromis pour les pavés, on dirait qu’ils s’amollissent.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Récemment, la France a connu des mouvements sociaux de grande ampleur, au sein de toutes les classes d’âge, de toutes les catégories de métiers, parmi tous les statuts, de l’ouvrier au magistrat, en passant par les étudiants, symboles forts de la contestation. La société française répond aux tentatives de division par l’union, elle aspire à la justice, justice dans la politique, justice dans la société, justice dans les mœurs. Quand bien même la devise de la République Française, Liberté, Egalité, Fraternité, constitue les piliers fondamentaux et imprescriptibles de la nation, les trois valeurs éprouvent la dure réalité d’une contestation montante, dénonçant le retour d’une pensée unique, la montée d’une politique réactionnaire, froide et rugueuse. La France se doit de demeurer éveillée, afin de ne pas sombrer dans l’inertie des luttes politiques.&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;A l’image de la contestation grandissante, la jeunesse estudiantine&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;est déterminée à préserver ses acquis au nom de l’idéal démocratique. Dernièrement, c’est cette jeunesse française qui a quitté les bancs des salles de cours pour descendre dans les rues, clamant son désarroi des valeurs menacées, réclamant l’assurance d’un avenir meilleur. Leurs revendications sont celles d’une génération en quête de reconnaissance, qui s’interroge sur son futur, bravant les préjugés et les attaques de ceux qui pensent que la lutte est vaine, dénonçant les mesures assassines dont ils sont la cible. C’est cette même jeunesse, militante, jamais abattue, qui fait du courage plus qu’une valeur, une vertu. C’est elle qui nous montre que faire acte de courage, fut-il politique, c’est vivre, qu’il est plus quotidien que quinquennal, que l’engagement politique ne se fait pas tous les cinq ans, mais tous les jours. Comme l’avait énoncé l’écrivain et résistant Jean Prévost, tombé les armes à la main, en 1944 : « il n’y a pas de vertu si fréquente que le courage ».&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Toujours à l’épreuve mais jamais éprouvés, ces étudiants, engagés pour une cause noble, combattants pacifiques, martèlent les pavés, tambours battants, investissent rues, avenues, parcs, boulevards, au rythme de leurs pas affirmés, qu’accompagnent des slogans symphoniques, au son des sirènes des hurleurs de la liberté. La multitude en ébullition, celle-ci que rien n’arrête dans son élan, rayonne de mille feux dans l’espace citadin. L’écho de leurs voix fait trembler les mûrs de l’oppresseur, la puissance de leur chant de gloire raisonne jusque dans nos cœurs. Ces hérauts de l’espoir et du courage cueillent le jour en se nourrissant des forces de leurs prédécesseurs, au service d’un idéal futur. Ils croient à ceux qui se sont battus pour défendre leurs idées, au nom du peuple. Ils réclament encore plus de débats pour toujours plus de Démocratie. Ils ont confiance et avancent. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Ils continuent la marche puisque, quarante ans auparavant, des étudiants, comme eux, ni experts de la chose publique, ni professionnels de la politique, ni formés à lutter, qui avaient comme seules armes leur passion, leur fougue, leur détermination, ont tenu tête à ceux qui étaient considérés dès lors comme infaillibles. Leur combat contre l’austérité et l’oppression a montré la voie à beaucoup de personnes, se sentant assaillies par le joug d’une quelconque autorité illégitime ; leurs idées ont parcouru les années et ne sont pas prêtes de perdre de leur vigueur. N’a-t-on jamais vu dans les manifestations d’aujourd’hui des slogans s’inspirant de Mai 68 ? N’a-t-on jamais entendu quelques allusions de la part des étudiants aux grands leaders de Mai 68 ? N’a-t-on jamais autant assimilé par le biais de la presse et des opinions les derniers mouvements sociaux comme des réminiscences de Mai 68 ? Les références à la Révolution des mœurs demeurent. En quarante ans, les couleurs du mouvement n’ont pas changé, les slogans non plus. Sommes-nous alors en manque d’inspiration ? Non, l’engagement est l’engagement, la lutte est la lutte.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Mai 68 nous a montré combien la puissance d’un mouvement était capable d’embraser et d’embrasser des nations toutes entières. Son esprit s’est répandu dans toute la société. Le débat d’idées, de tous avec tous, sur tous les sujets, s’est concrétisé face à la pensée unique qui, prédominante, enfermait les individus dans un carcan moral. Ce fut, pour les uns, un rare moment de bonheur collectif. Ce fut, pour les autres, la perte des valeurs d’antan, fondées sur une tradition héritée de la Troisième République, et d’une morale conservatrice. Cependant, que retenir de Mai 1968 ? La libéralisation des mœurs ? Le pacifisme de la société ? Une amélioration de la condition ouvrière ? La réponse, certes positive, ne rend pas totalement compte de ce que représente l’événement pour les consciences et l’histoire des idées. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Les raisons d’aimer Mai 1968 ne doivent pas se réduire au simple débat entre défenseurs et détracteurs du mouvement. Les raisons d’aimer Mai 1968 sont plus profondes, elles relèvent d’une transcendance politique, mais surtout, de l’action, de la démarche même, plus que du résultat. Il y a quarante ans, la société a levé l’étendard de la liberté. Cet étendard, grand, beau, majestueux, s’est fait le drapeau de toute une génération désireuse de rompre avec l’ordre ancien. Elle a montré que la Révolution était encore possible, que la soumission était faiblesse, que le courage l’emportait sur la prudence. Mai 68 fut un moment d’agrégation des pensées, le collectif étant engagé pour défendre l’individu contre les forces tutélaires. Grâce à Mai 68, nous savons que la résistance est encore possible, que les valeurs humanistes triomphent toujours. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;span style=""&gt;            &lt;/span&gt;Aujourd’hui, en mai 2008, nous célébrons ces événements sur fond de tensions sociales et politiques. Comme en 1968, le contexte&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;paraît propice à des révoltes défendant un modèle de société menacé par son éclatement. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;span style=""&gt;            &lt;/span&gt;Aujourd’hui, en mai 2008, nous devons autant nous projeter dans l’avenir que nous interroger sur nos racines. Les valeurs prônées par Mai 68 sont remises en cause et, de fait, pourraient être menacées dans leurs fondements légitimes ; d’aucuns voit 2008 et l’avenir comme une révision des événements de 68 et une ouverture à une pensée réactionnaire. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;span style=""&gt;            &lt;/span&gt;Aujourd’hui, en mai 2008, le pavé a encore toute son utilité : Pour les détracteurs du mouvement, il se fait le support d’un conservatisme, retenant la poudre qui ne cherche que son étincelle. Pour ses défenseurs, il est un roc qui cache un sable fin, dont chaque grain correspond à une volonté d’en découdre avec l’autoritarisme, les droits bafoués, les libertés opprimées. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Mai 1968, Mai 2008, le message est le même. Il a fait une première apparition en 1792, dans la bouche de Danton :&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;« Pour vaincre, il nous faut de l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace ».&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3580705873727956778-6488786225310481413?l=mai68sciencespo.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://mai68sciencespo.blogspot.com/feeds/6488786225310481413/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3580705873727956778&amp;postID=6488786225310481413' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3580705873727956778/posts/default/6488786225310481413'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3580705873727956778/posts/default/6488786225310481413'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mai68sciencespo.blogspot.com/2008/05/discours-de-grgoire-jacquelin.html' title='Discours de Grégoire Jacquelin'/><author><name>Le concours vous intéresse...</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13741308502738579916</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3580705873727956778.post-6274841889857497409</id><published>2008-05-15T01:50:00.001-07:00</published><updated>2008-05-15T01:50:46.106-07:00</updated><title type='text'>Discours de Romain Espinosa</title><content type='html'>&lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;Chers camarades, chers amis,&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;Quarante ans seulement après les événements qui ont secoué les vieilles démocraties d’une terrible fièvre, que les activistes d’hier deviennent un à un nos poilus d’aujourd’hui : la mémoire des vivants &lt;span style="color: red;"&gt;&lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;s’estompe chaque année un peu plus, si bien que les souvenirs d’antan raisonnent bientôt comme de vulgaires anecdotes, contées çà et là, par quelques sexagénaires nostalgiques. Recouvert par les sables du temps : que nous reste-t-il de mai 68 ? Lourde tâche pour le sociologue, terrible exercice pour l’anthropologue, et enfer sans limites pour le politologue ; mais d’une simplicité frappante pour l’ingénu, le candide, le Zadig. Nous ferons le pari de ces derniers.&lt;span style="color: red;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;Assurément, l’héritage de mai 68 n’est pas mort. Jamais événement n’avait tant forcé la plume des journalistes ! Jamais, la bataille médiatique n’avait été aussi forte que ces derniers mois, scandant à tue-tête les slogans d’autrefois et déifiant à jamais l’étudiant avant-gardiste, l’ouvrier mobilisé dans l’unité, le salarié moyen s’éveillant : bref, le 68-ard. Mais enfin, cet engouement infernal, qui n’a de cesse de s’alimenter ne contient-il pas en lui-même l’ombre de sa propre menace ? Ceux qui forcent le souvenir ne sont-ils pas ceux qui craignent d’oublier ? Ne sont-ce pas ces mêmes qui prônent les anniversaires pour ponctuer leur quotidien et oublient le temps restant ce qu’ils promettent de tenir éveillé ? Car si les idées de 1789 restent gravées dans le marbre de notre Constitution, les avancées de mai 68 ont bien plus de mal à se réclamer d’un quelconque droit naturel. S’il nous suffit de lire la déclaration des droits de l’homme pour savoir ce qu’il nous reste de la Révolution Française, il en est tout autre de mai 68. &lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;Si la révolution de 68 devait être la promesse d’un éveil des consciences ; elle ne le fut pas. Si les mouvements de pensée déterrés pour un temps devaient marquer notre société à jamais ; il n’en fut rien. Si les revendications de l’époque devaient être placées au-delà d’idéaux révolutionnaires comme valeur suprême d’un nouveau mode de pensée ; il n’y eu rien de moins vrai. Mai 68, ce fut certes la reconsidération des ouvriers, l’avènement de la liberté sexuelle, et la critique radicale de la société de consommation mais ce fut aussi, et avant tout, les accords de Grenelle, le droit à l’interruption volontaire de grossesse et l’apparition de nouvelles préoccupations environnementales. Dans les corridors du droit français et dans les boulevards du quotidien, ce sont ces revendications concrètes qu’il nous reste. Mieux, ce sont tous les peuples européens qui, main dans la main, s’accordent pour le droit au bonheur, condamnent la peine de mort et militent sans cesse ni ivresse pour une nature saine et fière. &lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;Les grands espoirs de nos étudiants n’étaient-ils donc pas vains ? L’individualisme occidental a-t-il laissé place à un altruisme d’Orient ? Non. L’homme, croyant se libérer de ses chaînes, ne faisait qu’en retirer quelques maillons, se rapprochant sans répits de son terrible geôlier. Les exclus d’aujourd’hui furent les exclus d’hier. Qu’importent le jeu des nations et la place du Tiers Monde une fois le divorce prononcé ! Qu’importent ce Quart monde grandissant et cette nouvelle frontière une fois les salaires relevés ! Car ce sont bien de leurs idéaux qu’ont été avortés ces révolutionnaires. La Bible Mao a aujourd’hui laissé place à une sinophobie sans égale. Le manifeste de Marx a été replongé dans les eaux froides du capitalisme. Et, bien malgré eux, les mouvements alternatifs ont donné le sein au système qu’ils portaient en critique. Car enfin, ivre de loisirs, ce n’était plus la culture qu’il convenait de consommer, mais, ce fut la révolution elle-même qui relança le système. Coup de génie, involontaire, peut-être, inconscient, sûrement, la fin de  mai 68 annonçait le plébiscite triomphal d’un système en faillite. Car si les avancées sociales restent présentes, à qui profitent aujourd’hui la vente de livres, de musiques et d’accessoires de mai 68 ? La révolution n’allait plus se diriger contre l’Etat, mais contre l’idéal de changement de société qu’elle contenait en elle-même. &lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;La première victime de mai 68, ce fut les révolutionnaires eux-mêmes. Dépossédées de leur essence première, les idées de 68 n’allaient qu’effleurer les mentalités, simple ride sur l’océan politique. A défaut de transformer la société, ce fut la révolution qui changea, jusqu’à ne plus être que quelques lignes écrites dans les programmes des partis politiques d’opposition. La contestation, radicale, que porte toute révolution allait bientôt n’être plus qu’un friable mouvement d’opinion, préférant par-dessus tout le confort de l’inertie. Une fois les salaires des ouvriers reconsidérés, les plus pauvres d’entre nous, ceux que personne ne représente, ceux pour qui démocratie rime avec indifférence, ces sans abris, ces chômeurs, allaient aussitôt être oubliés. Les derniers obstacles à une sexualité épanouie levés, ces victimes du Vietnam, ces exploités d’Asie et d’Afrique, ces malheureux par le monde, n’avaient qu’à se consoler : la démocratie s’était enfin accomplie ! &lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;Refaire notre monde, voici ce que cria, dans un dernier sursaut, avec ses dernières forces, notre société, il y a quarante ans déjà. Parfaire notre monde, voilà ce que nous cru avons faire depuis lors, pensant refermer par là, le douloureux épisode de la question sociale. Nombreux furent ceux qui, pris dans la fièvre des événements et sous les coups des CRS, affirmèrent de nouveaux droits ; mais combien de ces idéalistes reste-t-il pour les faire accoucher au Parlement?&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;Mai 68, ce fut le droit à la protection sociale ; le Contrat Première Embauche, ce fut l’abolition des droits du travail.&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;Mai 68, ce fut la primauté de l’amour ; les présidentielles de 2008, ce fut l’abnégation du droit à l’orientation sexuelle.&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;Enfin, mai 68,&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;ce fut l’apologie du pacifisme ; PSG-Lens, ce fût la chimère de la misère. &lt;span style="color: red;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3580705873727956778-6274841889857497409?l=mai68sciencespo.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://mai68sciencespo.blogspot.com/feeds/6274841889857497409/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3580705873727956778&amp;postID=6274841889857497409' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3580705873727956778/posts/default/6274841889857497409'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3580705873727956778/posts/default/6274841889857497409'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mai68sciencespo.blogspot.com/2008/05/discours-de-romain-espinosa.html' title='Discours de Romain Espinosa'/><author><name>Le concours vous intéresse...</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13741308502738579916</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3580705873727956778.post-5332269563475671146</id><published>2008-05-15T01:49:00.000-07:00</published><updated>2008-05-15T01:50:04.876-07:00</updated><title type='text'>Discours de Eric de la Fouchardière</title><content type='html'>&lt;p class="MsoNormal" style="text-align: center;" align="center"&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Mai 1968 - Mai 2008 : Que reste-t-il sous les pavés ?&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt; &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style=""&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Mai 68, mai 2008: que reste-t-il sous les pavés? &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style=""&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style=""&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;La question est extrêmement pertinente, preuve de l'intelligence des géniaux organisateurs et je vous remercie de me l'avoir posé. Elle suppose en effet l'héritage de mai 68. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style=""&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Et là, déjà, nous pouvons commencer à hurler. Comment? Mai 68, envers et contre tout, contre les acquis sociaux et de toute sorte, aurait pris soin d'avoir des héritiers? C'est antithétique! Si Daniel Cohn-bendit entendait ça, il se retournerait dans sa tombe. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style=""&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Oublions... &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style=""&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Et fermons la parenthèse pour revenir à nos pavés.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style=""&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style=""&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;D'un point de vue purement politique, la question mériterait un sacré pavé...non, un livre. Qui traiterait des conséquences de mai 68, et de l'état dans lequel il a laissé la France. Ce qui n'a d'intérêt que lorsqu'on suit le sujet. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style=""&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style=""&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Mais, comme disait ce charmant grafitti que l'on trouvait en mai dans la péniche: « l'imagination prend le pouvoir. » Imaginons, donc... Qui oserait me l'interdire?&lt;span style=""&gt;          &lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style=""&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style=""&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style=""&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Reposons la question autrement, voulez-vous? Mai 68: sous les pavés la plage? Et en 2008? La réponse à cette question... diantre, il faudrait vérifier. Re-soulever les pavés? Ce sujet, en fait, veut nous inviter insidueusement à aller vérifier le dessous des pavés. C'est un appel à l'insurrection permanente! Les rouges sont là, ils ont déjà investi le logo de sciences-po!&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style=""&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style=""&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Soulever les pavés?&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style=""&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style=""&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Il me revient une anecdote, qui pourrait nous éviter de trop creuser la question: en face de l'église de saint germain des prés, à à peu près trois jets de pavés de pipo se trouve un indice. Flanant gaiement par ce joli mois de mai, vous ne manquerez pas, en déambulant là, de découvrir, sous vos yeux ébahis et emmerveillés, un cratère de pavés soulevés et dessous, Ô Miracle! De l'eau! Une fontaine? Une source? Non point, juste une preuve par A + B que mai 68 n'avait pas tort: sous les pavés, la plage, et si on cherche un peu plus loin, l'eau, l'océan! Le rivage et la plage ne sont sûrement plus très loin.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style=""&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style=""&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Paris sur Mer! qui l'eut cru?&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style=""&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;A priori, personne. Et pourtant... et pourtant... &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style=""&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Paris-Plage, ça ne vous évoque rien?&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;Nonobstant le côté purement folklorique et festif de l'organisation, il seait intéressant, voire primordial de se poser quelques questions sur la portée de cet évènement. Nos baby-boomers 68ards cherchaient la plage, ils la souhaitaient, la désiraient. Et, convaincus de leurs bons droits, grataient les rues, soulevaient les pavés, remuaient ciel et terre (surtout terre d'ailleurs) pour la retrouver.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style=""&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Et c'est le maire qui la leur offre aujourd'hui, cette plage! Plus besoin de chercher, elle vient à vous! C'est nettement plus facile. Quand on sait que le maire en question est un ancien&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;jeteur de pavés, on comprend toute la logique du truc. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style=""&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style=""&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Lui a retenu la leçon!&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style=""&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style=""&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;En plus de prévenir toute nouvelle dégradation urbaine (car soulever des pavés est une dégradation de rue, ayons-en conscience), il a considérablement simplifié la démarche. En somme la paix sociale est revenue.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style=""&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style=""&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Il subsiste un problème, toutefois. Paris-plage est limité dans le temps: juillet et août, donc pendant les vacances scolaires. Pas d'étudiants pour Paris-plage!&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style=""&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style=""&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Et alors, me direz-vous: les étudiants qui, au mois de mai, souhaiteraient bronzer un peu sur des dunes de sable chaud, boulevard saint Michel plutôt que de réviser leurs examens? Le danger subsiste...&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style=""&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style=""&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Et là, nos gouvernements ont été astucieux... Bien avant Paris-plage et ses effets analgésiques, ils avaient rémédié au problème: &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style=""&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style=""&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Sous les pavés, la plage? Très bien, supprimons le problème! Supprimons les pavés! Et c'est pour cela qu'aujourd'hui, nos belles rues sont en bitume.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style=""&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style=""&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Le goudron, c'est nettement moins facile à soulever. Nos CRS n'ont plus peur, l'ordre républicain règne, que demander de plus? Après Mai 68, Mai 2008? Pipo! Il n'y a plus de pavés!&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style=""&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style=""&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Et nous retombons sur nos pattes: mai 68, mai 2008: que reste-t-il sous les pavés? Justement, il n'y a plus de pavés! Plus de pavés et donc... quoiqu'il y ait sous nos rues: sable, mer, océan, le problème n'est plus là, le problème n'existe plus! Disparu avec les pavés. Nous ne saurons jamais.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style=""&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style=""&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Et tant mieux car à présent... il serait temps de tourner la plage.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3580705873727956778-5332269563475671146?l=mai68sciencespo.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://mai68sciencespo.blogspot.com/feeds/5332269563475671146/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3580705873727956778&amp;postID=5332269563475671146' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3580705873727956778/posts/default/5332269563475671146'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3580705873727956778/posts/default/5332269563475671146'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mai68sciencespo.blogspot.com/2008/05/discours-de-eric-de-la-fouchardire.html' title='Discours de Eric de la Fouchardière'/><author><name>Le concours vous intéresse...</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13741308502738579916</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3580705873727956778.post-1589222646920136322</id><published>2008-05-15T01:47:00.000-07:00</published><updated>2008-05-15T01:48:42.714-07:00</updated><title type='text'>Discours de Clara SOMMIER</title><content type='html'>&lt;p class="MsoNormal" style="text-align: center;" align="center"&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="font-size: 16pt;"&gt;"Mai 1968 - Mai 2008 : Que reste-t-il sous les pavés ?"&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: 14pt;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: center;" align="center"&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="font-size: 14pt;"&gt;Et si la révolution était à portée de main … ?&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Mai 68, une image usée et reprise, éculée et puissante, celle d’une révolte spontanée contre un ordre établi, dominant et suffocateur. Un Fantôme-fantasme de la force d’une jeune génération, prête à s’engager et à se battre pour ses idées, à ne laisser personne lui imposer un monde préconçu. Mai 68 en est devenu un concept, à l’aune duquel ses acteurs, aujourd’hui journalistes, politiques, chercheurs, essaient de comparer tout mouvement protestataire. L’évocation de mai 68 s’accompagne toujours de soupirs. Age d’or, symbole dont la portée s’apparente à la révolution française, qui contraste avec une génération molle, flasque, désintéressée de la politique, formatée, et américanisée, nous. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Oui, nous avons toutes les raisons de nous révolter ! Nous aussi, d’hurler, de crier, de nous envoyer en l’air et de repeindre les murs de slogans shootés et décalés !&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Dans quelle société vivons-nous ? Chômage, précarité, intolérance, on dirait une litanie de comptine que nous assène les médias et la réalité quotidienne! Nous sommes enfermés dans un carcan de fer, un monde anxiogène sans possibilité de seconde chance. Chaque battement de cil, chaque geste semble déterminer notre avenir, sans perspective de retour...Ce monde dual nous frappe en plein visage : les outsiders, les loosers, subis ton camps !&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Et si c’était tout ? Mais cette société qui devrait nous porter en son sein, ne s’assume pas. Nous vivons dans une société artificielle, qui rejette les greffons nécessaires à sa survie. Des citoyens français se voient exclus, relégués dans des ghettos tabous, qu’on ignore et dont on refuse d’assumer la vérité ! Leurs revendications sont ignorées et assimilées à un gazouillement débile de jeunes délinquants dérangés ! Le racisme, la discrimination se superposent pour assombrir l’idéal républicain !&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Et c’est encore sans parler de l’inégalité de fait ! Les femmes traînent la maternité comme un boulet à leur pied. Le fait de potentiellement souffrir de nausées, gonfler, vomir, être dilatée, bref de donner la vie, les relègue aux taches domestiques, à des statuts sociaux et revenus inférieurs.&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;C’est l’avenir qui s’offre à nous, jeunesse « désabusée », ou plutôt abusée par notre incapacité à se faire entendre. Le monde est gouverné par des vieillards séniles, qui protègent leurs positions par orgueil et avidité de pouvoir ! Les cinquantenaires nous dominent et nous façonnent un futur où nous travaillerons toujours plus pour payer des retraites à ceux, qui ont bénéficié de conditions plus favorables que celles que nous ne connaitrons jamais… Douloureux paradoxe! Belle promesse d’incertitude !&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Ce monde de réseaux nous écrase et tractopelle nos idéaux et espoirs. Une personne sincère, honnête est réduite à l’impuissance. Le courage politique fait perdre les élections ! De même l’idéal pur de l’amour qui peut animer la jeunesse est laminé et déchiqueté par les tromperies mutuelles et les divorces. Nous ne sommes plus libres de rêver… &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Et si seulement cette longue liste s’arrêtait là ? Mais cette vision européano-centrée&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;n’est rien en comparaison à la souffrance accumulée par les pays les moins développés. Le globe terrestre n’est plus qu’une tache de sang qui s’étend pendant que notre incapacité à se mettre d’accord menace la survie même du globe terrestre &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Comment accepter&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;que 20% de nos semblables dépensent ¾ de leurs revenus pour se nourrir mais n’arrivent qu’à peine à survivre, tandis que notre souci principal est d’éliminer les masses graisseuses difformes de notre corps repu?&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Comment accepter les violences épileptiques qui saccadent et saccagent le globe terrestre ? &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Comment accepter ces épanchements d’hémoglobine, ces tortures et souffrances inexprimables, ces viols répétés? &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Comment accepter l’exploitation d’enfants, le commerce du plaisir et de jouissance qui profitent aux&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;puissants frustrés ? &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Comment accepter l’impossibilité d’un grand nombre d’êtres humains d’accéder au minimum de soins médicaux, et les morts sauvages causées par les pandémies ?&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Comment accepter la destruction systématique de l’écosystème, le réchauffement climatique, et la disparition d’îles entières du Pacifique ? &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Comment accepter l’affrontement de cultures, religions différentes, l’intolérance et l’incompréhension bercés par l’histoire ?&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Tout simplement en le refusant! Alors oui, il reste quelque chose sous les pavés. Oui, une véritable révolution peut avoir lieu, et doit se produire. Oui, nous aussi nous rêvons, et refusons ce monde, cet avenir qu’on cherche à nous imposer. Je réfute ce monde, et à la manière de Daniel Cohn-Bendit je clame haut et fort : même si on nous promettait ce monde nous le refuserions, car nous voulons le prendre. &lt;/span&gt;&lt;a style="" href="#_ftn1" name="_ftnref1" title=""&gt;&lt;sup&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;!--[if !supportFootnotes]--&gt;&lt;sup&gt;&lt;span style="font-size: 10pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,&amp;quot;serif&amp;quot;;"&gt;[1]&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt;&lt;!--[endif]--&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Ce monde n’est simplement pas celui dans lequel nous voulons vivre ! En cela nous avons besoin d’un souffle puissant, pour faire éclater le corset qui nous enserre et nous étouffe ! Cette énergie du désespoir nous conduit à un idéalisme étoilé. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; color: black;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; color: black;"&gt;En effet notre avenir réside dans la plus belle utopie existante : l’Europe fédéraliste. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Quoi de plus novateur, quoi de &lt;span style="color: black;"&gt;plus révolutionnaire et rebelle ? Les sacro-saints états dépassés ! Une véritable gouvernance européenne qui imposerait à ces états aux tendances nationalistes un dialogue permanent pour agir de la façon la plus efficace au niveau le plus pertinent! A bas le schéma réducteur étatique!&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; color: black;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Déjà le succès de l’Union Européenne, bâtisseuse de paix, est évident. Nos arrières grands-parents complotaient pour se tuer, tandis qu’aujourd’hui nous faisons l’amour dans l’auberge espagnole. C’est ça l’Europe : une union des peuples pour la paix, la prospérité mondiale : la preuve vivante de l’adage que l’union fait la force ! Et une union fédéraliste nous permettrait enfin d’insuffler une nouvelle énergie sur la scène mondiale. Je rêve de voir enfin les barricades de ces frontières et classifications artificielles abattues. Alors unissons-nous ! Et ensembles nous pourrions dépasser les divisions internationales, nous pourrions enfin avoir l’influence nécessaire pour transfigurer le monde !&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;L’Europe est en effet au carrefour du monde, des mondes. C’est la porte d’entrée à la résolution d’un grand nombre de conflits. Nos forces combinées, nos idées et expériences partagées nous permettent de progresser, de mettre en place de réels projets innovants. De plus le fédéralisme est la réponse aux détracteurs de l’Europe. Au contraire de traités successifs pataugeant dans l’incomplétude, c’est dans le fédéralisme que résident les solutions à toutes les critiques qu’on peut adresser à l’Union Européenne !&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Une union fédéraliste c’est une union réellement démocratique, représentative et forte, l’union des citoyens. Le fédéralisme rapprocherait l’Union Européenne des souhaits de chacun, et notamment des jeunes, pour que l’Union Européenne prenne la forme et la direction que les européens souhaitent, au contraire d’une dictature bruxelloise. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Une union fédéraliste c’est la convergence des économies et une prospérité partagée. Des politiques communes permettraient la réalité d’un marché commun, des rapprochements économiques qui permettrait une gestion plus réaliste et un coût moins élevé de l’euro. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;C’est la mutualisation des ressources pour permettre la mise en place de mesures sociales et le développement des régions les plus pauvres. La coordination de l’aide au développement est nécessaire et permettrait d’enfin atteindre les objectifs de santé, d’éducation, d’égalité et de réduction de pauvreté du Millénaire. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;C’est la force de négociation inimaginable du premier marché mondial, pour défendre et imposer les droits de l’homme. L’Union Européenne gouvernée aurait une véritable aura sur la scène internationale. L’union de peuples autour de valeurs démocratiques lui permettrait de conditionner des aides et accords commerciaux au respect de valeurs fondamentales, pour promouvoir ses idéaux dans le monde. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;C’est la capacité d’apaiser des conflits au moyen d’une diplomatie active et de forces militaires de maintien de la paix. L’Europe peut et se doit de dépasser le revers yougoslave et d’assurer la paix dans le monde par son exemple et ses moyens d’action. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;C’est la possibilité d’agir contre le réchauffement climatique et de répondre au défi environnemental. La recherche combinée des pays européens permettrait l’élaboration de réelles politiques ambitieuses de développement, et d’un exemple fort d’engagement. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Mais c’est également un mélange de cultures, une diversité qui nous permet de promouvoir la tolérance et le respect mutuel. C’est enfin la redéfinition même de la notion d’identités, au-delà des différences !&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;J’imagine déjà des sourires railleurs qui accueilleront des propos si « naïfs » ! Mais l’idéalisme a du sens. Le « réalisme » embourbé dans des intérêts égoïstes et dans le quotidien n’est qu’une paresse intellectuelle suprême ! C’est ce que nous a enseigné mai 68 : la force et la fraicheur de la jeunesse, la capacité à se soulever et l’impact de l’idéalisme. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;C’est en cela que contre l’illusion de nations repliées et enflées, notre espoir futur, ma révolte, et mon combat, c’est aujourd’hui l’insolence du fédéralisme !&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;    &lt;div style=""&gt;&lt;hr align="left" size="1" width="33%"&gt;  &lt;!--[endif]--&gt;  &lt;div style="" id="ftn1"&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;"&gt;&lt;a style="" href="#_ftnref1" name="_ftn1" title=""&gt;&lt;sup&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;!--[if !supportFootnotes]--&gt;&lt;sup&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,&amp;quot;serif&amp;quot;;"&gt;[1]&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt;&lt;!--[endif]--&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;« Si on nous promettait le paradis nous le refuserions. Car nous voulons le prendre » Daniel Cohn-Bendit. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;/div&gt;  &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3580705873727956778-1589222646920136322?l=mai68sciencespo.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://mai68sciencespo.blogspot.com/feeds/1589222646920136322/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3580705873727956778&amp;postID=1589222646920136322' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3580705873727956778/posts/default/1589222646920136322'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3580705873727956778/posts/default/1589222646920136322'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mai68sciencespo.blogspot.com/2008/05/discours-de-clara-sommier.html' title='Discours de Clara SOMMIER'/><author><name>Le concours vous intéresse...</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13741308502738579916</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3580705873727956778.post-5135083560112375367</id><published>2008-05-15T01:43:00.000-07:00</published><updated>2008-05-15T01:44:52.689-07:00</updated><title type='text'>Discours de Antoine MOMOT</title><content type='html'>&lt;p class="MsoNormal" style="margin-left: 2cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;´†Sous les pavÈs s’Ètendait une plage, faut-il qu’il m’en souvienne†? Et nos amours, qu’en reste-t-il†?†ª se demande le quinqua devenu hexa. PavÈs volÈs, rÍves Èmouvants… Ils sont nombreux ceux qui, avec nostalgie ou pire, avec aigreur, repensent ‡ une jeunesse de plus en plus lointaine.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-left: 2cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-left: 2cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;¿ moins que, arrivÈs plus que parvenus, ils ne contemplent leurs errements passÈs avec attendrissement†: ah, on se sera bien amusÈ, tout de mÍme… Mais qu’importe si le col mao a cÈdÈ la place au Rotary. Ces soixante-huitards-l‡ vous le jurent†: la rÈussite matÈrielle n’a jamais ÈtouffÈ le feu qui couve encore sous la cendre. Ils vous assurent qu’ils se tiennent prÍts ‡ reprendre du pavÈ, le moment venu…&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-left: 2cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-left: 2cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Le nostalgique masquant tant bien que mal son aigreur ou le parvenu camouflant ses compromissions avec le systËme jadis honni†: telle semble Ítre l’alternative ‡ laquelle se rÈsument les multiples figures de Mai 68. Ceux qui ne s’y sont pas abÓmÈs dÈfinitivement ne semblent avoir eu d’autre choix que de trahir les idÈaux de leur rÈvolution.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-left: 2cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-left: 2cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;RÈvolution, mais laquelle†? Il n’est mÍme pas certain que celle-ci ait eu lieu. Secousse, monÙme, agitation, ´†ÈvÈnements†ª pour les moins inspirÈs des commentateurs… non, dÈcidÈment, ces quelques jours qui ÈbranlËrent la France ne mÈritent mÍme pas d’entrer dans la grande histoire. Un ´†ruissellement de connerie†ª†: ainsi Alexandre KojËve qualifiait-il alors les manifestations qui se dÈroulaient sous ses fenÍtres, face ‡ un Raymond Aron perplexe devant cette rÈvolution ´†introuvable†ª.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-left: 2cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-left: 2cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;On pourra objecter que ´†l’esprit de 68†ª souffle toujours sur un pays qui affiche fiËrement son record, celui du nombre annuel de manifestations et de dÈfilÈs. Comme si, de Billancourt au CPE, ce n’Ètait qu’un dÈbut, le combat avait continuÈ… Cependant, mai 68 n’a-t-il pas ÈtÈ au contraire une prolongation, un point d’orgue, celui de la vieille tradition rÈvolutionnaire franÁaise†? De la Fronde du &lt;span style="font-variant: small-caps;"&gt;xvii&lt;/span&gt;&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; (siËcle) aux frondeurs du &lt;span style="font-variant: small-caps;"&gt;v&lt;/span&gt;&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; (arrondissement), n’est-ce pas finalement la mÍme histoire†qui recommence ?&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-left: 2cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-left: 2cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Mais j’entends dÈj‡ les murmures†: vous niez la spÈcificitÈ de mai†! Car enfin, si Mai 68 a si peu comptÈ, pourquoi, alors, cette commÈmoration, 40 ans aprËs†? Et pourquoi suis-je devant vous ‡ discourir sur un non-ÈvÈnement, alors que vous comme moi avons certainement mieux ‡ faire†? Comme je ne suis pas contrariant, j’arrÍte ce trop long discours et cËde la parole ‡ un des acteurs†: &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-left: 2cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-left: 2cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;´ Il faut accepter l’ambivalence de Mai, son archaÔsme et sa modernitÈ. C’Ètait un mixage entre la derniËre rÈvolution du &lt;span style="font-variant: small-caps;"&gt;xix&lt;/span&gt;&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; siËcle et un mouvement neuf, inÈdit, qui posait les problËmes de la fin du xx&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; .†ª&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-left: 2cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-left: 2cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Bien envoyÈ, M. Cohn-Bendit†! Aussi loin qu’un pavÈ… Ainsi donc, et comme vous le soulignez, mÍme avec du vieux, on aura quand mÍme rÈussi ‡ faire du neuf durant ce fameux mois de mai†! ´†Cours camarade, le vieux monde est derriËre toi†!†ª disiez-vous alors. Pardonnez-nous, mais le vieux monde, vous l’avez semÈ depuis si longtemps que ma gÈnÈration a du mal ‡ imaginer ce qu’il Ètait vraiment.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-left: 2cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-left: 2cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;De cette Atlantide, les quelques descriptions que j’ai lues ont de quoi faire frÈmir†: dans cette France des annÈes 60, on prenait une valise de billets pour acheter une voiture neuve, il fallait patienter une demi-heure au guichet pour retirer 40 euros… pardon†! 25 000 anciens francs. Il paraÓt mÍme qu’il n’y avait qu’une seule chaÓne ‡ la tÈlÈvision, en noir et blanc, qui plus est ! La Star Ac’ existait dÈj‡ (ouf†!)†: Áa s’appelait &lt;i&gt;Le Petit Conservatoire de Mireille&lt;/i&gt;†! Ah oui, dÈcidÈment, je comprends mieux pourquoi vous vouliez le fuir, le vieux monde.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-left: 2cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-left: 2cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Mais o_ est-elle donc, cette fameuse nouveautÈ que vous nous avez apportÈe†? Peut-Ítre est-elle ‡ la plage, sous les pavÈs… Cela dit, soudÈs et goudronnÈs, les pavÈs d’aujourd’hui ne laissent plus voir grand-chose. Vous, les enfants g‚tÈs de mai, vous avez grandi dans le luxe†: les pavÈs, il suffisait de se baisser pour les ramasser†! Tandis que nous… Une insurrection en Mai 2008, pourquoi pas†? Mais on est priÈ d’apporter son marteau-piqueur.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-left: 2cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-left: 2cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Goudron et ciment mis ‡ part, je reconnais cependant qu’il en fallait, de l’imagination, pour inventer ce ´†sous les pavÈs, la plage†!†ª qui rÈsonne encore dans la mÈmoire collective. En la portant au pouvoir, vous l’avez remise au go°t du jour, cette imagination que la sociÈtÈ de consommation et les taux de croissance optimale avaient un peu trop tendance ‡ masquer.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-left: 2cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-left: 2cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;L‡ rÈside peut-Ítre le premier apport de Mai 68, dans ce refus d’un matÈrialisme excessif, et d’une sociÈtÈ sans ‚me, sans poÈsie et sans couleur… d’une sociÈtÈ†anonyme,†si j’ose dire. Pour avoir rappelÈ qu’ ´†on ne tombait pas amoureux d’un taux de croissance†ª, soyez remerciÈs, enfants de mai 68†!&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-left: 2cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-left: 2cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;C’est un peu court, jeune homme, me direz-vous†! Et c’est vrai qu’on aurait pu dire, sur mai, bien des choses en somme. Ce Grenelle qui a changÈ l’environnement… des travailleurs, ce n’est pas mai 68†? Mai 68†: une date dans l’histoire des conquÍtes fÈministes, et dans l’acquisition, par toutes les femmes, de droits qui nous paraissent aujourd’hui ÈlÈmentaires.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-left: 2cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-left: 2cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Droits de la femme… et droits de l’homme. Car Mai 68 annonce la venue d’un monde ‡ visage humanitaire. Mai 68, c’est l’heure o_ quelques mÈdecins commencent ‡ soigner sans se soucier des frontiËres, et sans demander leur carte du parti aux damnÈs de la terre, du Biafra au sud Vietnam.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-left: 2cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-left: 2cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Mai 68, c’est enfin le moment o_, de Berkeley ‡ Creys-Malville, la Terre, la nature… bref, tout ce que nous appelons aujourd’hui ´†environnement†ª, fait son entrÈe sur la scËne politique, qu’il n’a jamais quittÈe depuis. Faut-il s’en plaindre†?&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-left: 2cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-left: 2cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Cela dit, nous n’avons pas attendu le 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; mai 1968 pour lÈgaliser la pilule contraceptive. La nuit des barricades n’a s°rement pas ÈtÈ une nouvelle nuit du 4 ao°t, et du passÈ les soixante-huitards n’ont pas rÈussi ‡ faire table rase. Pas de point de dÈpart, donc, ni de passage de l’ombre ‡ la lumiËre, et encore moins de &lt;i&gt;big bang&lt;/i&gt; en Mai 68. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-left: 2cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-left: 2cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Ainsi, ‡ mi-chemin entre le changement radical et la rÈvolution avortÈe, je dirai que ce mois de Mai a ÈtÈ un moment de notre histoire collective†: l’heure est peut-Ítre venue, quarante ans plus tard, de le considÈrer comme tel, sans excËs d’honneur, mais sans indignitÈ. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-left: 2cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-left: 2cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;´†Une rÈvolution qui a les cheveux longs et les idÈes courtes†ª, disait, ‡ l’Èpoque, un certain FranÁois Mitterrand. Et de fait, si certaines d’entre elles ont fait long feu, d’autres idÈes lancÈes en Mai 68 ont fini par travailler la politique et la sociÈtÈ franÁaise†: sans elles, notre pays et Sciences Po ne seraient pas tout ‡ fait ce qu’ils sont maintenant. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-left: 2cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-left: 2cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Si ´†courtes†ª qu’elles aient pu paraÓtre ‡ certains, elles ont nÈanmoins connu d’heureux prolongements, les idÈes de Mai 68. Et je veux croire que gr‚ce ‡ elles, notre vie d’Ètudiants – ou de jeunes diplÙmÈs – est un peu plus douce que celle de nos prÈdÈcesseurs.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-left: 2cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-left: 2cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt;Tout bien considÈrÈ, ce qui reste sous les pavÈs, c’est finalement cette gratitude qui me fera dire, ‡ l’instar du regrettÈ Pierre Goldman†: ´†vous verrez, un jour nous serons heureux d’avoir eu 20 ans en mai 2008†!†ª&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3580705873727956778-5135083560112375367?l=mai68sciencespo.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://mai68sciencespo.blogspot.com/feeds/5135083560112375367/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3580705873727956778&amp;postID=5135083560112375367' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3580705873727956778/posts/default/5135083560112375367'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3580705873727956778/posts/default/5135083560112375367'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mai68sciencespo.blogspot.com/2008/05/discours-de-antoine-momot.html' title='Discours de Antoine MOMOT'/><author><name>Le concours vous intéresse...</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13741308502738579916</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3580705873727956778.post-5113863947960352148</id><published>2008-05-10T06:08:00.001-07:00</published><updated>2008-11-15T05:26:37.096-08:00</updated><title type='text'>L'affiche de l'événement !</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_2XUq4HAPVwE/SCWejAb05sI/AAAAAAAAAF8/K7ey2-71EZU/s1600-h/affiche2_4+copie.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://4.bp.blogspot.com/_2XUq4HAPVwE/SCWejAb05sI/AAAAAAAAAF8/K7ey2-71EZU/s400/affiche2_4+copie.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5198735669118428866" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3580705873727956778-5113863947960352148?l=mai68sciencespo.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://mai68sciencespo.blogspot.com/feeds/5113863947960352148/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3580705873727956778&amp;postID=5113863947960352148' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3580705873727956778/posts/default/5113863947960352148'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3580705873727956778/posts/default/5113863947960352148'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mai68sciencespo.blogspot.com/2008/05/laffiche-de-lvnement.html' title='L&apos;affiche de l&apos;événement !'/><author><name>Le concours vous intéresse...</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13741308502738579916</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_2XUq4HAPVwE/SCWejAb05sI/AAAAAAAAAF8/K7ey2-71EZU/s72-c/affiche2_4+copie.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3580705873727956778.post-1330968822343915337</id><published>2008-04-25T13:41:00.000-07:00</published><updated>2008-04-25T13:45:20.353-07:00</updated><title type='text'>A quelque chose, malheur est bon !</title><content type='html'>Vous avez un galop demain matin et vous n'avez pas terminé de rédiger votre discours ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans sa grande clémence, le jury du concours vous offre un délai supplémentaire de 48 heures !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dernier délai, donc : Dimanche 27 avril avant minuit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bon courage &amp;amp; bonne chance !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Toute l'équipe&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3580705873727956778-1330968822343915337?l=mai68sciencespo.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://mai68sciencespo.blogspot.com/feeds/1330968822343915337/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3580705873727956778&amp;postID=1330968822343915337' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3580705873727956778/posts/default/1330968822343915337'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3580705873727956778/posts/default/1330968822343915337'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mai68sciencespo.blogspot.com/2008/04/quelque-chose-malheur-est-bon.html' title='A quelque chose, malheur est bon !'/><author><name>Le concours vous intéresse...</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13741308502738579916</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3580705873727956778.post-9072658068752631106</id><published>2008-04-22T02:35:00.000-07:00</published><updated>2008-04-22T02:37:09.307-07:00</updated><title type='text'>Soutien de la FNAC</title><content type='html'>Découvrez le site animé par Radio Sciences Po et offert par la FNAC : &lt;span style="font-family:Calibri;font-size:85%;"&gt; &lt;span style="word-spacing: 0px; text-transform: none; color: rgb(0, 0, 0); text-indent: 0px; white-space: pre; letter-spacing: normal; border-collapse: separate;"&gt;&lt;a href="http://www.fnaclive.com/blogs/sciencespo68" target="_blank" onclick="return top.js.OpenExtLink(window,event,this)"&gt;http://www.fnaclive.com/blogs&lt;wbr&gt;/sciencespo68&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tous les événements organisés par les éléves de l'Institut d'Etudes Politiques de Paris y sont recensés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3580705873727956778-9072658068752631106?l=mai68sciencespo.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://mai68sciencespo.blogspot.com/feeds/9072658068752631106/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3580705873727956778&amp;postID=9072658068752631106' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3580705873727956778/posts/default/9072658068752631106'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3580705873727956778/posts/default/9072658068752631106'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mai68sciencespo.blogspot.com/2008/04/soutien-de-la-fnac.html' title='Soutien de la FNAC'/><author><name>Le concours vous intéresse...</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13741308502738579916</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3580705873727956778.post-3015059892312298400</id><published>2008-04-21T04:05:00.000-07:00</published><updated>2008-04-21T11:50:14.465-07:00</updated><title type='text'>J- 6 : Encouragements de l'équipe de sélection</title><content type='html'>Les premiers discours ont commencé à arriver depuis une quinzaine de jours...&lt;br /&gt;Il ne vous reste plus qu'une semaine pour envoyer votre contribution écrite !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quels sont les avantages de ce concours ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Une publication de tous les discours sur ce blog et sur notre page "concours d'éloquence : que reste-t-il sous les pavés" sur Facebook,&lt;br /&gt;- Une finale filmée par Radio Sciences Po dans l'amphithéâtre Emile Boutmy le 14 mai prochain, journée de l'engagement politique rue Saint- Guillaume,&lt;br /&gt;- La satisfaction intellectuelle de répondre à une question corsée "Quarante ans plus tard, que reste-t-il sous les pavés ?",&lt;br /&gt;- Le sentiment de participer à quelque chose d'exceptionnel !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bonne chance et à très bientôt !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'équipe de sélection des finalistes.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3580705873727956778-3015059892312298400?l=mai68sciencespo.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://mai68sciencespo.blogspot.com/feeds/3015059892312298400/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3580705873727956778&amp;postID=3015059892312298400' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3580705873727956778/posts/default/3015059892312298400'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3580705873727956778/posts/default/3015059892312298400'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mai68sciencespo.blogspot.com/2008/04/j-6-encouragements-de-lquipe-de.html' title='J- 6 : Encouragements de l&apos;équipe de sélection'/><author><name>Le concours vous intéresse...</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13741308502738579916</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3580705873727956778.post-6487363087485107006</id><published>2008-04-04T11:01:00.001-07:00</published><updated>2008-11-15T05:26:37.330-08:00</updated><title type='text'>17e journée du Livre politique</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_2XUq4HAPVwE/R_ZtNTuQXMI/AAAAAAAAAFI/GvwucaMp2cA/s1600-h/affiche-2008-d.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0pt 10px 10px 0pt; float: left; cursor: pointer;" src="http://2.bp.blogspot.com/_2XUq4HAPVwE/R_ZtNTuQXMI/AAAAAAAAAFI/GvwucaMp2cA/s400/affiche-2008-d.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5185452096363715778" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;p align="center"&gt; &lt;span style="color: rgb(0, 0, 102);"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 102);"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 102);"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 102);"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 102);"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 102);"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 102);"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 102);"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 102);"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 102);"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 102);"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 102);"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align="center"&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 102);"&gt;Débats, rencontres, dédicaces&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;      &lt;p align="center"&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 102);"&gt;&lt;b&gt; Assemblée nationale &lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;     &lt;p align="center"&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 102);"&gt; 33, quai d’Orsay - 75007 Paris &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;     &lt;p align="center"&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 102);"&gt; Métro : Assemblée nationale (se munir d’une pièce d’identité) &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;     &lt;p align="center"&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 102);"&gt;&lt;b&gt; Entrée libre de 10 h à 17 h 30 &lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;     Toutes les informations sont disponibles sur&lt;span style="text-decoration: underline;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href="http://www.assemblee-nationale.fr/13/evenements/livre-politique-2008.asp"&gt;http://www.assemblee-nationale.fr/13/evenements/livre-politique-2008.asp&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3580705873727956778-6487363087485107006?l=mai68sciencespo.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://mai68sciencespo.blogspot.com/feeds/6487363087485107006/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3580705873727956778&amp;postID=6487363087485107006' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3580705873727956778/posts/default/6487363087485107006'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3580705873727956778/posts/default/6487363087485107006'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mai68sciencespo.blogspot.com/2008/04/17e-journe-du-livre-politique.html' title='17e journée du Livre politique'/><author><name>Le concours vous intéresse...</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13741308502738579916</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_2XUq4HAPVwE/R_ZtNTuQXMI/AAAAAAAAAFI/GvwucaMp2cA/s72-c/affiche-2008-d.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3580705873727956778.post-1966242864180649161</id><published>2008-04-04T10:54:00.001-07:00</published><updated>2008-04-04T10:54:51.817-07:00</updated><title type='text'>Le Flash Newsletter du Jeudi 3 avril 2008</title><content type='html'>&lt;div align="left"&gt;             &lt;p&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span class="date"   style="font-family:ITCFenice Regular;color:#cb021a;"&gt;3 avril 2008 &lt;/span&gt;&lt;span style="font-family:Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif;color:#999999;"&gt;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;             &lt;div align="left"&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-family:Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif;font-size:85%;color:#000000;"&gt;Pour les quarante ans de Mai 68, grand concours              d'éloquence&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;                                                                                                                           &lt;p align="left"&gt; Les sections Sciences Po du &lt;strong&gt;PS&lt;/strong&gt;,                    des &lt;strong&gt;Verts&lt;/strong&gt;, de l'&lt;strong&gt;UMP Grandes                    Ecoles&lt;/strong&gt;, et &lt;strong&gt;Modem &amp;amp; Centristes&lt;/strong&gt;,                    en collaboration avec la &lt;strong&gt;Conférence Olivaint&lt;/strong&gt;,                    les &lt;strong&gt;Jeunes Européens&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;ResPublica                    Nova&lt;/strong&gt;, organisent une &lt;strong&gt;conférence                    exceptionnelle au mois de mai autour d'acteurs de Mai 1968 et                    de grands décideurs politiques actuels&lt;/strong&gt;. &lt;/p&gt;                   &lt;div align="center"&gt;                                      &lt;p align="left"&gt;A cette occasion, les associations partenaires                    lancent un &lt;strong&gt;grand concours d'éloquence&lt;/strong&gt; ouvert                    à &lt;strong&gt;tous les élèves de Sciences Po&lt;/strong&gt; sur le thème                    :&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;                   &lt;blockquote&gt;                     &lt;div align="left"&gt;&lt;strong&gt;"Mai 1968 - Mai 2008 : Que                      reste-t-il sous les pavés ?"&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;                                      &lt;p align="left"&gt;Les &lt;strong&gt;trois meilleurs discours&lt;/strong&gt;                    seront sélectionnés par une commission rassemblant les                    organisateurs de la journée et les responsables des                    associations de débat de Sciences Po. &lt;/p&gt;                   &lt;p align="left"&gt;Ils seront &lt;strong&gt;lus par leurs auteurs, en                    amphithéâtre Emile Boutmy&lt;/strong&gt;, au début de la conférence                    et en présence des invités !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tous les autres discours                    seront publiés sur un blog dédié à cette occasion : &lt;a href="http://mai68sciencespo.blogspot.com/"&gt;http://mai68sciencespo.blogspot.com/&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;                   &lt;p align="left"&gt;Vous avez &lt;strong&gt;jusqu'au 25 avril 2008 à                    minuit&lt;/strong&gt; pour nous faire parvenir vos discours à :                    &lt;strong&gt;&lt;a href="mailto:mai68.scpo@gmail.com"&gt;mai68.scpo@gmail.com&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;.                    Les contributions doivent faire un maximum de trois pages                    (Times 12, interligne simple). &lt;/p&gt;                   &lt;p align="left"&gt;Alors, à vos plumes et à vos talents !&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3580705873727956778-1966242864180649161?l=mai68sciencespo.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://mai68sciencespo.blogspot.com/feeds/1966242864180649161/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3580705873727956778&amp;postID=1966242864180649161' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3580705873727956778/posts/default/1966242864180649161'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3580705873727956778/posts/default/1966242864180649161'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mai68sciencespo.blogspot.com/2008/04/le-flash-newsletter-du-jeudi-3-avril.html' title='Le Flash Newsletter du Jeudi 3 avril 2008'/><author><name>Le concours vous intéresse...</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13741308502738579916</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-3580705873727956778.post-5311180806420146450</id><published>2008-03-10T10:58:00.000-07:00</published><updated>2008-11-15T05:26:37.531-08:00</updated><title type='text'>Concours d'éloquence : Que reste-t-il sous les pavés ?</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_2XUq4HAPVwE/R9WwNJP1t1I/AAAAAAAAABE/EpGuVPVa4TA/s1600-h/PAVE_MANQT_466x366.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0pt 10px 10px 0pt; float: left; cursor: pointer;" src="http://1.bp.blogspot.com/_2XUq4HAPVwE/R9WwNJP1t1I/AAAAAAAAABE/EpGuVPVa4TA/s320/PAVE_MANQT_466x366.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5176237086599395154" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a quarante ans, nos parents s'engageaient dans ce qui allait devenir la plus grande mobilisation politique de la jeunesse française. "Sous les pavés, la plage", voilà l'un des fameux slogans qui réveillèrent le vieux quartier Latin et restent gravés dans la mémoire collective comme le symbole d'une aspiration partagée à la liberté !&lt;br /&gt;Mai 68 fait désormais partie de notre histoire commune mais, comme tous les grands évènements, sa mémoire est divisée entre tenants et détracteurs des valeurs, des grandes figures et des actions de mai 68.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A vous de défendre votre vision de mai 68. Engagez- vous dans l'évènement politique de ce printemps 2008 : le concours d'éloquence organisé par les associations politiques du 27 et dont le sujet est le suivant :&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;&lt;span style="font-size:180%;"&gt;"Mai 68 - Mai 2008 : Que reste-il sous les pavés ?"&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Prenez votre plume et défendez votre point de vue : au fond, peut- on encore aujourd'hui se réclamer de mai 68 ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Outre le plaisir de faire vivre le débat rue Saint- Guillaume, &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;cet évènement est pour nous l'occasion de mieux faire connaître nos activités, nos blogs, nos journaux, nos conférences...&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A partir ce blog, allez découvrir les blogs des sections politiques de Sciences Po et des associations de débat qui ont accepté de participer à l'aventure !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Camille Bedin&lt;/span&gt;, responsable de la section Sciences Po de l'UMP Grandes écoles,&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Fanny Dabard&lt;/span&gt;, responsable de MoDem &amp;amp; Centristes,&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Jonathan Morice&lt;/span&gt;, responsable des Jeunes Verts de Sciences Po,&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Camille Spire&lt;/span&gt;, responsable de la section Sciences Po du parti socialiste.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/3580705873727956778-5311180806420146450?l=mai68sciencespo.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://mai68sciencespo.blogspot.com/feeds/5311180806420146450/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=3580705873727956778&amp;postID=5311180806420146450' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3580705873727956778/posts/default/5311180806420146450'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/3580705873727956778/posts/default/5311180806420146450'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://mai68sciencespo.blogspot.com/2008/03/concours-dloquence-que-reste-t-il-sous.html' title='Concours d&apos;éloquence : Que reste-t-il sous les pavés ?'/><author><name>Le concours vous intéresse...</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13741308502738579916</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_2XUq4HAPVwE/R9WwNJP1t1I/AAAAAAAAABE/EpGuVPVa4TA/s72-c/PAVE_MANQT_466x366.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry></feed>
